Le gouvernement chinois a accusé l’administration Trump de « prendre en otage » les Nations Unies au sujet de la loi controversée sur la sécurité nationale que Beijing veut imposer à Hong Kong, appelant les Occidentaux à ne pas s’en mêler.

Les Etats-Unis, le Royaume-Uni, le Canada et l’Australie mènent une charge internationale contre la Chine et son projet, qui prévoit de sanctionner les activités séparatistes et « terroristes », la subversion, ou encore l’ingérence étrangère dans le territoire autonome chinois.

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Pour les dirigeants anglophones, cette loi est une manière déguisée de museler l’opposition hongkongaise et de rogner les libertés. Ce que dément fermement la Chine.

Ce texte de loi intervient après les importantes manifestations de juin à décembre 2019 contre l’influence de Beijing, au départ pacifiques, elles ont été marquée par des violences et du vandalisme. Ces manifestations ont renforcé le courant pro-indépendance auparavant marginalisé.

En vertu du concept « Un pays, deux systèmes », Hong Kong bénéficie depuis sa rétrocession à la Chine en 1997 d’une large autonomie, de la liberté d’expression et d’une justice indépendante.

Le projet de loi sur la sécurité nationale, qui a été adopté par l’Assemblée populaire nationale, le 27 mai, pourrait selon certains pays occidentaux remettre en question l’autonomie hongkongaise.

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D’ailleurs, les Etats-Unis et le Royaume-Uni ont obtenu l’organisation d’une discussion informelle au Conseil de sécurité de l’ONU, à huis clos et par visioconférence. Dans un communiqué commun avec le Canada et l’Australie, les deux pays ont accusé la Chine d’enfreindre ses obligations vis-à-vis de Hong Kong et de ses 7,5 millions d’habitants.

Ils ont exprimé leur « profonde inquiétude » quant à cette loi qui « limiterait les libertés de la population » et « éroderait (…) de manière dramatique l’autonomie et le système qui l’ont rendu si prospère ».

Beijing a indiqué avoir protesté officiellement auprès des quatre capitales. « Nous exhortons ces pays (…) à cesser de s’ingérer dans les affaires de Hong Kong et les affaires intérieures chinoises », a déclaré Zhao Lijian, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

Ce dernier a dénoncé une approche américaine « totalement déraisonnable » et averti que la Chine ne permettrait pas aux Etats-Unis « de prendre en otage le Conseil de sécurité pour ses propres intérêts ».

Côté britannique, le chef de la diplomatie, Dominic Raab, a indiqué que si Beijing ne faisait pas marche arrière, Londres modifierait les conditions attachées au « passeport britannique d’outre-mer » délivré aux Hongkongais avant la rétrocession du territoire à la Chine en 1997, afin de les rendre plus favorables.

Actuellement, ce passeport ne permet qu’un séjour de six mois au Royaume-Uni, une limite qui serait supprimée pour permettre à son détenteur de venir chercher du travail ou étudier dans le pays pour « des périodes prolongeables de 12 mois », a-t-il détaillé sur la BBC. Suite à cette annonce, Zhao Lijian a menacé Londres de représailles.

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