D’après l’agence de presse sud-coréenne, Yonhap, le gouvernement chinois a ordonné aux agences de voyages d’arrêter de vendre la destination Corée du Sud.

THAAD

Yonhap cite des sources industrielles, sans plus de détails. Toutefois, l’agence de presse a indiqué que cette décision est l’une des mesures de représailles de Beijing contre le déploiement du système américain de défense antimissile THAAD (Terminal High Altitude Area Defense) en Corée du sud.

Ainsi, l’Administration nationale du tourisme de Chine (CNTA) aurait appelé les agences de voyages de la capitale chinoise à participer à une réunion le 2 mars, afin de leur  donné l’ordre de suspendre les ventes de voyages en ligne et hors ligne vers la Corée du Sud.

L’ensemble des voyages organisés ou des voyages libres vendus seront prochainement supprimés pour les chinois souhaitant visiter la Corée du Sud. Toutefois, les agences pourront finaliser les programmes, déjà vendus pour les voyages jusqu’à la mi-mars.

Cette interdiction devrait être imposée à toutes les agences de voyages du pays. De fait, les conséquences pourraient être désastreuses pour l’industrie sud-coréenne, car les touristes chinois étaient, en 2015, 6,11 millions à visiter la Corée du sud.

La Corée du Sud pourrait perdre près de la moitié de ses touristes chinois. Parmi les voyageurs chinois, 60% sont des touristes individuels et 40% viennent en voyage organisé. En 2016, près de 8,06 millions de touristes chinois sont venus en Corée du Sud et auraient dépensé une moyenne de 2’183 € par personne. Sur la base de cette dépense par personne, le pays pourrait subir une perte de ses recettes touristiques de 9,63 milliards de dollars (8,8 mds €).

« Nous avons déjà vu la demande chinoise pour les voyages organisés baisser depuis l’annonce du déploiement du système THAAD. La croissance des arrivées chinoises en Corée du Sud s’était maintenue car les touristes individuels ont augmenté« , a indiqué un responsable d’une agence de voyages sud-coréenne, à l’agence Yonhap.

Les magasins hors taxes s’inquiètent de cette interdiction, car ils dépendent des visiteurs chinois. En 2016, ils ont enregistré 12’270 milliards de wons (9,6 milliards d’€) de ventes, dont 70% provenaient des touristes chinois, soit 8’600 milliards de dollars (7’851,8 mds €).

« Il est encore trop tôt pour émettre des hypothèses à ce stade. Nous surveillerons étroitement le marché », a indiqué l’Office du tourisme coréen, mais le ministère de la Culture se penche sur des contre-mesures et envisage de se tourner vers le Japon, second pays d’origine des touristes visant à la Corée du sud.

Chine-Corée du sud : d’une mésentente diplomatique à économique