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Etats-Unis,SCI/TECH

Colère contre Huawei après l’arrestation d’un ancien employé

Huawei subit un vent de colère de la part des internautes chinois après l’arrestation d’un ancien employé, entravant le plan de communication de Huawei autour de la fille du fondateur, Meng Wanzhuou, assignée à résidence depuis un an au Canada.

Le 2 décembre 2018, Meng Wanzhou (image ci-contre) était arrêtée au Canada à la demande de la justice américaine, pour avoir enfreint l’embargo américain contre l’Iran. A l’époque, l’opinion chinoise soutient la directrice et les messages de soutien affluent vers la directrice financière de Huawei.

Soumise au boycott et considéré comme une menace à la sécurité nationale par Washington, Huawei dénonce une arrestation politique et se présente comme une victime collatérale de la guerre commerciale sino-américaine.

Un an plus tard, Meng Wanzhou est assignée dans sa luxueuse villa de Vancouver, dans l’attente que la justice canadienne se prononce sur une éventuelle extradition vers les États-Unis.

Aujourd’hui, la compassion envers Meng a disparu et les internautes dénoncent ses tenues griffées et hors de prix portées l’appelant «la princesse», pour désigner la fille du fondateur Ren Zhengfei.

L’image de Huawei, jusqu’ici considérée comme le fleuron de l’industrie technologique chinoise, a été écornée par les révélations de Li Hongyuan. Cet ancien employé de 42 ans, licencié en début d’année 2018 par Huawei, a poursuivi en justice la compagnie pour réclamer des indemnités de licenciement.

Ce dernier est finalement condamné à passer 251 jours en prison, accusé d’extorsion et de partage de documents secrets par Huawei. Il sera libéré en août «faute de preuves suffisantes» et recevra un peu plus de 100 000 yuans (environ 13 000 euros) en guise de compensation.

Le sort Li Hongyuan contraste avec la solidarité de la firme envers l’héritière du trône. Cette dernière a tenu à commémorer le premier anniversaire de son arrestation en rédigeant une lettre, publiée le 1er décembre 2019 sur le site internet de Huawei.

Cette dernière fait le bilan de son année passée dans son pavillon estimé à 10 millions d’euros, bracelet électronique à la cheville : «L’année dernière a été marquée par des moments de peur, de douleur, de déception, d’impuissance, de tourments et de lutte».

«En ce moment, le temps semble passer lentement. Tellement lentement que j’ai assez de temps pour lire un livre du début à la fin. Je peux prendre le temps de discuter de détails avec mes collègues ou de réaliser soigneusement une peinture à l’huile», a écrit Meng Wanzhou.

Ces lamentations, axe majeur de la stratégie de communication de Huawei et relayées par le compte Twitter du ministère chinois des Affaires étrangères, passent mal : «Nous ne serons jamais Meng Wanzhou, mais nous pouvons tous devenir Li Hongyuan», s’exprimait un internaute sur Weibo.

Face à cette communication victimaire, les internautes ont dénoncé l’attitude de Huawei, connue pour sa culture du travail acharné, symbolisée par un chiffre : 996, soit des horaires de bureaux allant de 9 heures du matin à 9 heures du soir, 6 jours par semaine.

«Il y a un rejet chez certains jeunes chinois et notamment les millenials qui ne veulent pas de cette culture du travail instaurée par Ren Zhengfei au début de l’histoire de Huawei qui date d’une époque maoïste. Cela rappelle aux Chinois qu’il y a une différence de traitement selon que vous appartenez ou pas à l’establishment», a analysé Elliott Zaagman, spécialiste du secteur technologique chinois à l’Institut Lowy.

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