Au début du mois de juillet, la cheffe de l’exécutif hongkongais Carrie Lam a rejeté les menaces de géants d’Internet comme Google, Facebook et Twitter, qui ont averti qu’ils pourraient quitter le territoire si une loi controversée sur la protection de la vie privée entrait en vigueur.  

Les autorités de Hong Kong ont dévoilé un projet de texte visant à lutter contre la divulgation de données personnelles sur Internet, une pratique baptisée « doxing ».

Mais cette formulation assez vague, dans le nouveau texte, a suscité l’inquiétude des géants du secteur technologique. Ces derniers s’inquiètent d’être, eux ou leurs employés, tenus légalement responsables des contenus postés par les internautes.

Des préoccupations exprimées dans une lettre adressée aux autorités hongkongaises par l’Asia Internet Coalition, qui regroupe Google, Facebook, Twitter, LinkedIn et Apple.

«La mise en oeuvre de sanctions visant des individus n’est pas conforme aux normes et pratiques mondiales», ont indiqué les sociétés dans un courrier daté du 25 juin.

«La seule façon d’éviter ces sanctions, pour les entreprises technologiques, serait de cesser d’investir et d’offrir leurs services à Hong Kong, ce qui en frustrerait les entreprises et consommateurs hongkongais, tout en créant de nouvelles barrières pour le commerce», ont indiqué ces dernières.

Interrogée sur la mise en garde de l’Asia Internet Coalition, Carrie Lam a assuré cibler «la pratique illégale du doxing et donnons le pouvoir aux commissaires veillant au respect de la vie privée d’enquêter et de mener des opérations, c’est tout».

Carrie Lam a fait un parallèle entre ce projet de loi et la loi sur la sécurité nationale, que la Chine a instauré en juillet 2020 à Hong Kong.

Carrie Lam a affirmé que la loi sur la sécurité avait été « calomniée », assurant que «c’est la même chose au sujet de la loi sur le respect de la vie privée».

La cheffe de l’exécutif a précisé que la commission veille au respect de la vie privée à Hong Kong et était prête à rencontrer des représentants des entreprises inquiètes. Mais elle a averti que son gouvernement était déterminé à faire passer le texte rapidement.

« Bien sûr l’idéal serait d’apaiser les craintes au moment où nous préparons la loi. Mais parfois, cela se fait au moment de la mise en œuvre », a-t-elle dit.

Le parlement hongkongais a entamé ce 20 juillet des discussions sur des lois relatives à la protection de la vie privée visant à lutter contre le « doxing ».

Plusieurs groupes de défense des droits de l’homme et de l’industrie technologique sont très critiques à l’égard de ce projet. Ils affirment que ces mesures pourraient être utilisées pour protéger les personnes au pouvoir et cibler la société civile.

Les partisans de cette loi sur la vie privée affirment qu’elle était attendue depuis longtemps pour contrer un problème qui s’envenime depuis les grandes manifestations pro-démocratiques de 2019.

Le « doxing » est la divulgation d’informations privées ou identifiantes sur une personne ou une organisation. Le projet de loi est examiné minutieusement après que des détails personnels sur les forces de l’ordre et les juges ont été publiés en ligne à la suite de manifestations.

Le gouvernement de Hong Kong ne fait face à aucune opposition officielle après la démission des parlementaires démocrates en 2020 pour protester contre la disqualification de leurs collègues. Cette loi devrait être adoptée rapidement.