L’ensemble des députés pro-démocratie de Hong Kong ont annoncé leur prochaine démission, après l’exclusion de quatre collègues, en vertu d’une mesure adoptée par la Chine.

«Nous, (membres) du camp pro-démocratie, nous tiendrons aux côtés de nos collègues qui sont exclus. Nous démissionnerons en masse», a déclaré Wu Chi-wai, à la tête des quinze législateurs pro-démocratie demeurant au Parlement local.

Le 11 novembre matin, quatre députés pro-démocratie de Hong Kong ont été démis de leur mandat après l’autorisation accordée aux autorités locales, par l’un des principaux comités législatifs de Chine, de révoquer tout législateur considéré comme une menace pour la sécurité nationale sans même passer devant un tribunal.

Cette décision a été immédiatement condamnée par le gouvernement britannique, qui y voit «une nouvelle attaque contre le haut degré d’autonomie et les libertés de Hong Kong», a déclaré dans un communiqué le ministre britannique des Affaires étrangères Dominic Raab.

Berlin s’est dit « profondément inquiet », et a fustigé « la poursuite d’une tendance à saper le pluralisme et la liberté d’expression » dans l’ex-colonie britannique.

Le directeur d’Amnesty International pour la région Asie-Pacifique, Yamini Mishra, a déploré « un nouvel exemple de la campagne du gouvernement central chinois pour museler les dissidents de la ville par tous les moyens ».

De leurs côtés, les Etats-Unis ont menacé la Chine de nouvelles sanctions pour avoir selon eux « violé de manière flagrante » l’autonomie de l’ex-colonie britannique. Le 9 novembre, Washington avait déjà imposé des sanctions à quatre responsables supplémentaires accusés d’y avoir restreint les libertés.

La question de Hong Kong est au coeur de la dure confrontation aux accents de guerre froide entre les Etats-Unis et la Chine. Le président américain Donald Trump a mis fin au statut commercial préférentiel dont bénéficiait le territoire pour protester contre la loi chinoise sur la sécurité nationale.

Le Conseil législatif (LegCo, le Parlement local) compte 70 membres désignés selon un système garantissant une majorité au bloc pro-Beijing. Seuls 35 sont élus au suffrage universel direct, offrant une rare occasion aux 7,5 millions d’habitants d’exprimer leur opinion à travers les urnes. Les autres législateurs sont principalement désignés par des groupes socio-professionnels acquis en grande partie à la Chine continentale.

La démission des pro-démocratie laissera presque entièrement le LegCo aux mains de députés alignés sur la Chine. « Si le respect des procédures, la protection des systèmes et des fonctions et la lutte pour la démocratie et les droits de l’homme entraînaient une exclusion, ce serait un honneur pour moi », a déclaré Dennis Kwok, l’un des quatre députés exclus.

De son côté, la cheffe de l’exécutif hongkongais Carrie Lam a soutenu que ces exclusions sont « constitutionnelles, légales, raisonnables et nécessaires ».

Les quatre élus exclus faisaient partie des 12 candidatures aux législatives hongkongaises invalidées fin juillet, pour les élections, qui devaient se dérouler le 6 septembre, avaient finalement été reportées d’un an pour cause de coronavirus.