Après la polémique autour de l’appel téléphonique entre le président élu américain, Donald Trump, et la dirigeante de Taïwan, Tsai Ing-wen, ce dernier est revenu à la charge contre la politique militaire et monétaire de la Chine.

Les dirigeants chinois ont minimisé tout le week-end cette conversation inédite, mais les accusations de Donald Trump ont conduit à une montée de la contestation contre le prochain président américain.

Sur Twitter, le président élu a accusé Beijing de dévaluer sa monnaie pour mieux concurrencer les entreprises américaines et de « bâtir un massif complexe militaire en mer de Chine du Sud ».

trump-attaque-la-chine-05122016« Est-ce que la chine nous a demandé si c’était OK de dévaluer sa monnaie (ce qui complique la tâche de nos entreprises pour être compétitives), de lourdement taxer nos produits importés dans leur pays (les Etats-Unis ne les taxent pas) ou de bâtir un vaste complexe militaire en mer de Chine du Sud’ Je ne le crois pas! », a écrit Donald Trump.

Cette déclaration intervient alors que ses collaborateurs, dont Mike Pence, prochain vice-président, ont tenté de minimisé l’incident avec la président Tsai Ing-wen, mettant ainsi fin à 40 années de tradition diplomatique américaine.

Cette conversation téléphonique n’était « rien de plus » qu’une conversation de courtoisie pour féliciter le président élu, a affirmé Mike Pence. De son côté, Beijing a rappelé qu’il « n’existe qu’une seule Chine et Taïwan est une part inaliénable du territoire chinois ».

Aujourd’hui, les médias ont commencé à répondre au président élu.

Le China Daily a recommandé ce mardi une « approche attentiste« , car Donald Trump n’a pas encore investi le bureau ovale. Alors que le Global Times a été plus tranchant : « Dans les relations entre grands pays, Trump pense qu’il peut dégainer les couteaux à tout va, ce qui dévoile son total amateurisme diplomatique ».

Pour le quotidien conservateur, Donald Trump « estime que le monde entier doit se plier à ses ordres (…) il lui suffira de déstabiliser (la Chine, ndlr) pour que tout le reste se déroule comme il le souhaite ».

Beijing « doit impérativement agir de façon résolue face à toutes les exigences irréfléchies de Donald Trump, et ce dès le début de son mandat, en n’hésitant pas à venger toute tentative de porter atteinte aux intérêts de la Chine sans redouter de détériorer l’atmosphère des relations sino-américaines ».

chinese-newspapers media journauLe Golbal Times a assuré que « si la Chine montre trop d’attachement aux relations avec les États-Unis, cela contribuera à lui délier les mains ». De son côté, Shen Dingli, professeur de relations internationales à l’université Fudan, « la Chine n’a pas peur de Trump ». « C’est un fauteur de troubles, et on garde un calme respectueux. Mais s’il garde cette attitude après sa prise de fonction, la Chine l’assommera », a ajouté ce dernier.

Côté pro-Trump, ses conseillers et de spécialistes qualifiés de « durs », et surnommés les « faucons » critiquent la « mollesse » de Barack Obama vis-à-vis de la Chine. Pour ces derniers, Beijing  n’est pas un partenaire mais un adversaire, devant être maîtrisé militairement et monétairement.

Face à cette controverse, le porte-parole de la Maison Blanche, Josh Earnest, a indiqué que des responsables américains avaient réaffirmé « l’attachement durable de notre pays à la politique de Chine unique ».

« Cette politique suivie par Washington depuis une quarantaine d’années vise à promouvoir la paix et la stabilité sur les deux rives du détroit de Taïwan, ce qui est dans l’intérêt des Etats-Unis », a poursuivi Josh Earnest. « Si l’équipe du président élu a un objectif différent, je lui laisse le soin de le décrire », a-t-il ajouté.