Avec notre stagiaire Marie-Lou Cazillac – Alors que la loi chinoise stipule qu’il est interdit à un employeur de refuser d’engager une femme en raison de son sexe, certaines offres d’emploi indiquent parfois être spécifiquement «réservées aux hommes» ou «aux femmes».

Wang Yaqiu, chercheuse sur la Chine auprès de l’organisation de protection des droits de l’Homme «Human Rights Watch», a critiqué les agences gouvernementales chinoises pour leur incapacité à appliquer la loi.

Selon un reportage diffusé le 5 avril par Radio Television Hong Kong, Wang Yaqiu a brièvement passé en revue les offres d’emploi pour la fonction publique de cette année.

Un grand nombre des offres d’emploi étaient soit exclusivement réservées soit aux hommes, soit aux femmes, ce qui laisse à penser que le gouvernement chinois ne respecte pas lui-même la loi.

Jessica Wang, directrice générale du groupe multinational de gestion des ressources humaines «Hays» à Beijing, Guanzhou et Shenzhen, estime que la discrimination sexiste sur le lieu de travail a diminué. Les entreprises se montrent beaucoup plus tolérantes et accordent plus d’attention à l’égalité et à la diversité.

Même si parfois, et selon les postes, certains clients préfèrent recruter soit des hommes, soit des femmes, les entreprises recherchent tout de même plus de diversité.

Jessica Wang a également déclaré qu’elle recommandait à ses clients de prendre des décisions en tenant compte de la force des candidats, et non pas de leur sexe. Cependant, la poursuite de l’égalité peut ouvrir la voie à d’autres traitements discriminatoires.

Wu Qiang, un éditorialiste chinois, pense qu’il existe de graves inégalités en Chine, tant sur le lieu de travail que dans la vie de tous les jours, et que le pays n’a pas su implanter de lois et de réglementations pour améliorer la situation.

Bien que, ces dernières années, la Chine a multiplié les débats autour de la prime de maternité, du congé maternité et paternité  ainsi que d’autres aides sociales, ces discussions reposent avant tout sur sa volonté de faire baisser le taux de fécondité urbain.

L’objectif est de réduire les discriminations à l’égard des mères au travail, pas de garantir l’égalité entre les deux sexes.

En Chine, la loi chinoise relative au travail interdit la discrimination sexiste à l’emploi. À l’exception des postes que l’État considère comme «inadaptés» aux femmes, les entreprises n’ont pas le droit de refuser d’engager une femme ou d’établir des normes d’emploi plus élevées pour des raisons d’appartenance sexuelle. La loi relative à la publicité interdit également toute forme de discrimination sexiste.

D’ailleurs, dans un rapport – intitulé «Only Men Need Apply’: Gender Discrimination in Job Advertisements in China» – publié en avril 2018, l’ONG HRW a expliqué que les autorités n’appliquent que rarement les interdictions légales visant la discrimination sexiste dans les domaines de l’emploi et de la publicité.

«Près d’un emploi sur cinq de la fonction publique chinoise en 2018 était réservé aux ‘hommes uniquement’ ou aux ‘hommes de préférence’, tandis que de grandes entreprises comme Alibaba ont publié des annonces de recrutement promettant aux candidats de ‘belles jeunes femmes’ comme collègues de travail», avait indiqué Sophie Richardson, directrice de recherches sur la Chine auprès de la division Asie de Human Rights Watch.

Pour cette dernière, «les autorités chinoises devraient faire respecter les lois en vigueur et mettre fin, au sein du gouvernement et dans le secteur privé, à ces pratiques discriminatoires à l’égard des femmes».