«Le conseil d’administration a souligné l’importance qu’il attachait à la réalisation d’un examen approfondi, objectif et en temps voulu et a convenu de se réunir à nouveau prochainement pour une discussion plus approfondie», ont indiqué les membres du conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI).

Kristalina Georgieva

Le conseil s’est réuni le 21 septembre au sujet des accusations visant sa directrice Kristalina Georgieva. Cette dernière est accusée de pressions pour favoriser la Chine lorsqu’elle dirigeait la Banque mondiale, et a convenu de se revoir «bientôt», sans annoncer de décision dans l’immédiat.

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Un «premier compte rendu» du «rôle présumé de la directrice générale Kristalina Georgieva dans le (rapport) Doing Business 2018 de la Banque mondiale, tel que décrit dans le rapport d’enquête», a été réalisé mardi auprès du conseil d’administration par le comité d’éthique, a indiqué le FMI dans un communiqué.

«Le conseil d’administration a souligné l’importance qu’il attachait à la réalisation d’un examen approfondi, objectif et en temps voulu et a convenu de se réunir à nouveau prochainement pour une discussion plus approfondie», selon le communiqué du CA du FMI.

Les dirigeants du FMI ont «fait le point sur les discussions menées par le comité d’éthique jusqu’à présent et (ont) eu un échange de point de vue préliminaire sur le rapport et la réponse à celui-ci de la directrice générale», a souligné le conseil.

Ce dernier s’était déjà réuni les 16 et 17 septembre 2021, immédiatement après que l’enquête a été rendue publique, avec Kristalina Georgieva.

La directrice du FMI conteste ces accusations. Elle a été mise en cause pour avoir fait supposément pression sur les équipes pour favoriser la Chine dans un classement sur l’environnement pour les entreprises dans les différents pays, dans un contexte d’intimidations et de culture «toxique». A cette époque, en 2017, elle était directrice générale de la Banque mondiale.

L’enquête sur cette dernière a été réalisée par un cabinet indépendant à la demande du comité d’éthique de la Banque mondiale. Elle avait suscité des réactions d’inquiétudes vis-à-vis de la perte de confiance de l’opinion publique envers les institutions internationales.

Le Trésor américain avait indiqué qu’il analysait le rapport, dont il a jugé les conclusions «préoccupantes». Les voix américaines sont celles qui pèsent le plus lourd au conseil d’administration du FMI – organe chargé notamment de choisir le directeur général – et le pays dispose également d’un droit de veto.

Pour certains analystes, cette situation pourrait être un nouveau moyen pour Washington de faire pression sur la Chine, et de donner un élément supplémentaire à ces alliés pour contrer la Chine.

A la site de cette enquête, la Banque mondiale avait annoncé qu’elle cesserait de publier ce rapport. Les pressions exercées, selon l’enquête, par Kristalina Georgieva et le président de la Banque mondiale à l’époque, Jim Yong Kim, visaient notamment à modifier la méthodologie pour permettre à la Chine de ne pas plonger dans le classement.