La Chine est le principal soutien économique et diplomatique de la Corée du Nord. Récemment, les chefs d’Etat se sont rencontrés cinq fois en trois ans.

Le président chinois Xi Jinping et le leader nord-coréen Kim Jong Un se sont engagés à faire entrer les relations bilatérales dans une «nouvelle phase» à l’occasion du 60e anniversaire de leur traité d’amitié.

La Chine est depuis plusieurs décennies le principal soutien économique et diplomatique de la Corée du Nord. Une relation héritée de la Guerre de Corée (1950-1953), quand Mao Zedong avait envoyé des millions de soldats combattre la force des Nations Unies, emmenée par Washington.

Les relations ont évolué, dans un contexte particulier, car la Corée du Nord a renforcé ses activités dans le domaine de l’armement nucléaire, afin de se protéger des Etats-Unis.

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La Chine et la Corée du nord ont consolidé leur alliance au fur et à mesure des décennies, notamment après l’échec des discussions entre Pyongyang et Washington sur le nucléaire.

Le secrétaire général du Comité central du Parti communiste chinois (PCC) Xi Jinping, également président chinois et président de la Commission militaire centrale, a échangé des messages de félicitations avec Kim Jong Un, secrétaire général du Parti des travailleurs de Corée (PTC), également président de la Commission des affaires d’Etat et commandant en chef des forces armées de la République populaire démocratique de Corée.

Dans son message, Xi Jinping a indiqué qu’en 1961, «les dirigeants de l’ancienne génération de Chine et de Corée du nord avaient pris la décision stratégique prévoyante de signer ce traité, qui avait placé une base politique et légale importante pour consolider l’amitié que les deux peuples avaient forgée par le sang et promouvoir la coopération amicale bilatérale pour le long terme».

Au cours des 60 dernières années, a-t-il ajouté, «la Chine et la Corée du nord, en se soutenant fermement et en avançant main dans la main dans l’esprit du traité, ont renforcé l’amitié fraternelle traditionnelle entre les deux partis et les deux pays, fait avancer le développement de leurs causes socialistes respectives, et sauvegardé la paix et la stabilité dans la région et dans le monde».

De son côté, Kim Jong-un a indiqué que «la signature de ce traité démontrait au monde la ferme volonté de la Chine et de la Corée du nord, ainsi que des gouvernements et des peuples des deux pays de promouvoir le développement à long terme de l’amitié RPDC-Chine forgée par le sang sur une base légale solide».

Au cours des six dernières décennies, la Corée du nord et la Chine «ont écrit une fière histoire d’amitié à travers le soutien et l’assistance mutuels», a-t-il souligné. «Ces dernières années, face à un paysage international complexe et en constante évolution, la confiance de camaraderie et l’amitié entre les deux pays ont continué à s’approfondir, et les relations bilatérales sont parvenues à un stade supérieur», a-t-il noté.

De gauche à droite, Ri Sol Ju, Kim Jong-un, Xi Jinping, Peng Liyuan

Kim Jong-un a assuré sa volonté de «renforcer et développer les relations amicales et coopératives» avec la Chine. De leurs côtés, le Parti des Travailleurs de Corée, le gouvernement et le peuple de la République Démocratique de Corée du Nord vont attacher une plus grande importance à l’amitié avec la Chine, selon le leader nord-coréenne.

Ce dernier a écrit que leur relation est «une richesse commune», et qu’ils vont «avancer main dans la main avec le PCC, le gouvernement et le peuple chinois dans le voyage sacré de construction du socialisme et du communisme», a promis Kim Jong-un.

Le ton de ces messages contraste avec l’état de la relation entre Xi Jinping et Kim Jong-un il y a que quelques années. Ce n’est qu’en mars 2018 que Kim Jong Un, qui avait succédé à son père fin 2011, va se rendre à Beijing pour rencontrer Xi Jinping.

Les deux hommes se sont au total rencontrés cinq fois en trois ans. Dans un contexte d’impasse diplomatique sur la dénucléarisation et de dégradation des relations Beijing-Washington, «cet échange de messages se veut une démonstration à l’adresse des Etats-Unis de la qualité des liens entre les deux voisins», selon certains experts.

«C’est un mariage de convenance», a estimé à l’Agence France Presse, Park Won-gon, professeur d’études nord-coréennes à l’Université Ewha.

En effet, selon lui, depuis la fin de la Guerre de Corée, la Chine et la Corée du nord ont eu de nombreux désaccords, et ils «ne se feront jamais vraiment confiance». Mais ils ont besoin l’un de l’autre face aux Etats-Unis. «Plus ils seront proches, plus il sera compliqué de régler le dossier des armes nucléaires nord-coréennes», dit-il.

D’ailleurs, dans son message, Xi Jinping a indiqué que Kim Jong-Un et lui-même s’étaient rencontrés à plusieurs reprises, afin de planifier le développement des relations entre les deux partis et les deux peuples et d’enrichir l’amitié Chine-RPDC dans la nouvelle ère.

Dans le cadre du renforcement de leur coopération, Xi Jinping s’est dit prêt à travailler avec Kim Jong-un pour renforcer la communication stratégique, tracer la course pour les relations Chine-RPDC et faire franchir de nouveaux paliers à la coopération amicale bilatérale afin d’apporter davantage de bénéfices aux deux pays et à leurs peuples.