La Chine est le premier consommateur mondial de porcs, mais elle doit faire face à la fièvre porcine africaine depuis 2019.

Pour répondre à la demande, la Chine a fortement recours aux importations européennes, et investi dans d’énormes élevages industriels pour reconstituer son cheptel.

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Auparavant, la Chine représentait à elle seul la moitié de la production mondiale de porcs. Aujourd’hui, la Chine ne représente que 15% de la production, en raison de la fièvre porcine africaine.

Fin 2019, la fièvre a provoqué une hécatombe hors de contrôle dans toutes les provinces de Chine. Le gouvernement a alors décidé de freiner l’épidémie en lançant une campagne massive d’abattage.

L’abattage a concerné tant les petits élevages familiaux traditionnels, soit près de la moitié de la production chinoise, que les élevages industriels, voire les complexes les importants, avec des cheptels de plus de 100 000 porcs.

Conséquence, la Chine, premier consommateur mondial de porcs, a massivement eu recours aux importations, depuis 2019. Au début de l’année 2020, la seconde période de pandémie de Covid-19 a freiné les informations officielles venues de Chine concernant la fièvre porcine africaine.

Selon l’administration centrale, la Chine aurait aujourd’hui reconstitué quasiment tout son cheptel de porcs. Mais Boris Dufflot, directeur du pôle économie à l’Institut français du porc (IFIP), a «de très sérieux doutes…».

Car depuis 2020, la Chine a massivement investi dans d’énormes complexes d’élevage industriel et a fait venir des porcs reproducteurs de Bretagne, par avion. «Mais la fièvre porcine africaine est toujours là. Contre elle, il n’y a que l’abattage et le vide sanitaire», d’après ce dernier.

En parallèle, la Chine a dopé ses importations d’aliments pour bétail tels que le soja et le maïs. Ces importations peuvent servir à nourrir les porcs, mais «ça peut être, aussi, à destination d’autres filières. Voire pour constituer des stocks».

La fièvre porcine africaine a permit à l’administration centrale de Chine de réformer l’élevage traditionnel pour le remplacer par des élevages industriels plus aux normes et moins polluants.

Le gouvernement chinois craint le spectre de la faim et veut, absolument, limiter ses importations pour devenir autosuffisant. D’ailleurs, la Chine incite les gros éleveurs européens à s’implanter sur son territoire.

L’Union européenne est la première bénéficiaire des importations massives de la Chine, surtout l’Espagne. Or, les éleveurs français profitent aussi des besoins de la Chine, ainsi plus de 55% des exportations au premier trimestre 2021 vont vers la Chine.

De son côté, l’Allemagne ne s’en sort pas, car elle est aussi frappée par la fièvre porcine africaine. Berlin a désormais interdit l’exportation hors Union européenne, freinant légèrement le marché.

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En juin, juillet, et août 2021, la Chine consomme moins et importe donc moins de porcs. « Si nous devons assister à une reprise, ce sera en septembre« , a espéré Boris Dufflot. Voir en fin d’année avec les fêtes traditionnelles qui s’enchaînent.

« Depuis quelques jours, on assiste à une légère remontée : + 15% », a indiqué Fanye Meng, représentant d’Inaporc à Pékin, qui reste assez pessimiste.

Pour faire face au manque, le 6 juillet, l’ambassade des Pays-Bas en Chine, le bureau de représentation de la Chambre du commerce des Pays-Bas à Dalian et les autorités de la province du Jilin ont organisé à Changchun, une rencontre entre des entreprises d’élevage de porcs néerlandaises et des entreprises chinoises du secteur.

Quatorze entreprises néerlandaises ont présenté à une quarantaine d’entreprises et établissements de recherches chinois leurs savoir-faire en matière de sélection et de formation de races porcines, d’éclairage des porcheries, de préparation de yaourt pour les porcelets et de gestion automatisée des porcheries.

La Chine est certes le plus grand pays éleveur de porcs au monde, mais les provinces du nord-est du pays sont ses principaux producteurs de céréales et de porcs. Le Jilin exporte chaque année 35% de ses porcs et de ses produits de transformation de porc aux autres provinces du pays.

Wouter Verhey, conseiller agricole à l’ambassade des Pays-Bas en Chine, a dit estimer que « les entreprises chinoises pourraient s’inspirer des expériences et savoir-faire néerlandais pour le développement durable du secteur, notamment en ce qui concerne l’économie énergétique ainsi que la santé des porcs ».

Le Centre néerlandais de l’agriculture et la Chambre du commerce de la province du Jilin ont établi à cette occasion un mémorandum sur la coopération bilatérale dans ce secteur. Les entreprises néerlandaises impliquées devraient continuer leurs visites et présentations au Jilin ainsi que dans d’autres endroits du nord-est du pays.