« Les Etats-Unis sont engagés dans une vigoureuse compétition avec la Chine dans le but de préserver l’ordre mondial actuel », a déclaré le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken. Ce dernier a démenti toute volonté d’entrer dans une nouvelle « guerre froide »

Dans un discours sur la Chine, prononcé à l’université George Washington, le secrétaire d’Etat a estimé que la Chine posait « actuellement le risque le plus sérieux de remise en cause de l’ordre international ».

LA CHINE AU CENTRE DES PRÉOCCUPATIONS AMÉRICAINES

Cette allocution replace la Chine au centre des préoccupations géopolitiques des Etats-Unis, après plusieurs mois centrés sur la guerre en Ukraine. « La Chine est le seul pays qui a à la fois l’intention de remodeler l’ordre international et de plus en plus les moyens de le faire sur les plans économique, diplomatique, militaire et technologique », a-t-il affirmé.

Joe Biden et Xi Jinping en 2015.

« La vision de Pékin nous éloignerait des valeurs universelles qui ont soutenu beaucoup des progrès du monde dans les 75 dernières années », a-t-il ajouté. Le président américain Joe Biden a estimé que cette décennie sera « décisive », selon Antony Blinken.

Les Etats-Unis ont indiqué qu’il sera difficile de changer la trajectoire de la Chine et les ambitions du président Xi Jinping. « C’est pourquoi nous allons oeuvrer à créer un environnement stratégique autour de Pékin pour faire progresser notre vision d’un système international ouvert et inclusif », a assuré le secrétaire d’Etat américain.

Pour Antony Blinken, la Chine a une attitude de « coercition croissante » vis-à-vis de Taïwan. Toutefois, ce dernier a assuré que la politique de Washington sur ce dossier n’avait pas changé.

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Pourtant Joe Biden a déclaré à deux reprises ces derniers mois que les Etats-Unis étaient prêts à défendre Taïwan militairement. Une position rejeté à plusieurs reprises par la Chine, qui a rappelé les trois communiqués structurant la relation sino-américaine

Le discours d’Antony Blinken sur la Chine maintient la pression sur la Chine, et perpétue la politique trumpienne adoptée par l’administration Biden. D’ailleurs, ce discours aurait du être prononcé par le président américain lui-même.

Mais la récente tournée asiatique de Joe Biden, ses avertissements envers la Chine, et le sommet inédit à Washington début mai avec des dirigeants d’Asie du Sud-Est, ont poussé le chef de la diplomatie américaine a prendre la parole.

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Ces récentes prises de position démontrent surtout que l’administration américaine reste concentrée sur l’Asie. « Nous ne recherchons pas un conflit ou une nouvelle guerre froide. Au contraire, nous sommes déterminés à les éviter », a assuré Antony Blinken.

« Nous ne voulons pas empêcher la Chine de jouer son rôle de puissance majeure ou empêcher la Chine ou tout autre pays de faire croître son économie et de défendre les intérêts de son peuple », a-t-il dit.

PRÉSERVER L’ORDRE MONDIAL

Face au bouleversement de l’ordre mondial, Washington tient à préserver cet ordre international, sous couvert du respect des lois et accords internationaux qui « permettrait à tous les pays –y compris les Etats-Unis et la Chine– de coexister et de coopérer« , selon lui.

Lors de son arrivée au pouvoir, l’administration Biden avait placé la Chine en tête de ses priorités internationales, considérant le pays comme son seul concurrent de long terme à l’échelle mondiale.

Les États-Unis estiment que le président russe Vladimir Poutine représente une « menace sévère et immédiate » pour l’ordre international. Pour eux, le fait de contrer la Russie renforce le message sur le respect des règles internationales, a expliqué un haut responsable américain sous couvert d’anonymat à l’Agence France Presse.

L’administration Biden a décidé de maintenir la pression sur la Chine pour qu’elle respecte les règles établies, notamment en mer de Chine méridionale et dans le domaine du commerce. Les États-Unis accusent Pékin de vol généralisé.

Le président Biden a tenté d’unir ses alliés face à la Chine et a annoncé à Tokyo le lancement d’un nouveau partenariat économique en Asie-Pacifique pour faire contrepoids à Pékin.

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Toutefois, les Etats-Unis estiment qu’une coopération est possible avec Pékin dans certains domaines, comme la lutte contre le changement climatique. Mais ces ententes n’empêchent pas Washington de dénoncé des violations des droits humains par la Chine, assurant d’ailleurs que Pékin commet un génocide à l’encontre de la minorité ouïghoure au Xinjiang.