Le gouvernement allemand va durcir son contrôle sur les investissements non européens dans les secteurs stratégiques, au moment où la Chine rachète des fleurons de l’industrie européenne.

Un projet de décret a été examiné en conseil des ministres, permettant de ramener autour de 10% du capital, contre 25% actuellement, le seuil permettant à Berlin de bloquer des acquisitions étrangères dans certaines entreprises.

Le ministère ne mentionne pas directement la Chine, préférant communiquer sur sa volonté de vérifier « avec plus de prudence les investissements dans des entreprises liées à la défense, les infrastructures critiques ou certaines autres technologies liées à la sécurité civile, telles que la sécurité informatique », dès lors que les « intérêts légitimes de l’Allemagne en matière de sécurité sont affectés », selon un porte-parole interrogé par l’Agence France Presse.

L’Allemagne intéresse les investisseurs chinois pour ses petites et moyennes entreprises, fleurons de l’industrie technologique, dont certaines réorganisent leur capitalisation. Depuis plusieurs années, Berlin pointent du doigt les achats par des groupes chinois d’aéroports, de ports ou de firmes technologiques européennes.

Mi-2017, le gouvernement allemand avait déjà renforcé les règles sur les investissements étrangers, se donnant 4 mois, au lieu de 2, pour examiner les offres. Il avait également étendu le champ des transactions soumises à son autorisation aux prestataires de services ou aux fabricants de logiciels utilisés dans des secteurs stratégiques.

Toutefois, Berlin n’a pas refusé l’obtention par le milliardaire chinois Li Shufu de 10% du constructeur automobile Daimler. Mais en juillet, le gouvernement allemand a été à la manœuvre pour racheter 20% du gestionnaire de réseau d’électricité 50Hertz via la banque publique allemande KfW. Contre-pied aux chinois, Berlin avait alors invoqué des raisons de sécurité.