Tribune du Bureau de représentation de Taipei en France suite au discours du Président Xi Jinping à l’occasion du 40ème anniversaire du « Message aux compatriotes de Taïwan » de la Chine

Les demandes de Taïwan

Le 2 janvier, le Président Xi Jinping a prononcé un discours pour commémorer le 40ème anniversaire du « Message aux compatriotes de Taïwan » de la Chine, avec l’intention d’imposer aux Taïwanais le prétendu « principe d’une seule Chine » ainsi que le concept « Un pays, deux systèmes ». Il a aussi déclaré que la Chine n’avait pas renoncé à l’usage de la force contre Taïwan.

Non seulement cette déclaration ne tient pas compte de l’existence de la R.O.C. (Taïwan), mais elle omet le fait que les deux côtés sont administrés par deux gouvernements différents.

Dans le même temps, la Chine refuse d’admettre la forte opposition de la population de Taïwan au principe « Un pays, deux systèmes ». Compte tenu de l’impact négatif du discours du Président chinois sur la paix et la stabilité dans la région Asie-Pacifique, la communauté internationale observe ses effets avec attention.

Le gouvernement de la R.O.C. (Taïwan) exhorte les autres pays à conserver des relations actives avec Taïwan et à appeler à une résolution pacifique de la question des relations entre les deux rives du détroit à chaque fois que l’occasion s’en présente. Taïwan souhaite coopérer étroitement avec les pays qui partagent les mêmes idées pour mieux assurer la paix, la stabilité et la prospérité de la région Asie-Pacifique.

La position de Taïwan

Le refus de la Chine de renoncer à l’usage de la force contre Taïwan a un effet négatif sur la paix et la stabilité de la région Asie-Pacifique :

Ces dernières années, la Chine n’a cessé de renforcer ses capacités militaires, menaçant ainsi les pays de la région. Elle a aussi envoyé des avions et des navires militaires autour de Taïwan, faisant d’elle le pays qui brise le statu quo et qui crée des problèmes. De telles actions violent le principe de la Charte des Nations unies qui consiste à user de moyens pacifiques pour résoudre les différends internationaux.

Les pressions chinoises contre la population de Taïwan violent les valeurs fondamentales de démocratie, de liberté et de droits humains tout en étant contraire à sa volonté :

Taïwan partage avec de nombreux autres pays le respect de la démocratie, de la liberté, des droits de l’homme, de la liberté religieuse et d’autres valeurs fondamentales. Au fil des ans, la Chine autoritaire n’a cessé de bafouer les droits humains, la liberté religieuse et d’autres valeurs fondamentales, sapant gravement la Déclaration universelle des droits de l’homme.

Le prétendu « principe d’une seule Chine » ignore la réalité :

La R.O.C. (Taïwan) est un pays indépendant et souverain qui compte 17 alliés diplomatiques et qui a développé des relations substantielles avec la plupart des autres pays dans le monde. Dire que le « principe d’une seule Chine » obtient le consensus de la communauté internationale est totalement faux.

Parmi les 178 alliés diplomatiques de la Chine, seuls 51, donc moins d’un tiers, ont reconnu pleinement et explicitement le prétendu « principe d’une seule Chine » dans leurs communiqués diplomatiques respectifs ou autres documents établissant les relations avec la Chine.

Les Etats-Unis, le Japon, les membres de l’Union européenne et d’autres importantes démocraties avancées dans le monde ont leur propre « politique d’une seule Chine » et n’acceptent pas le « principe d’une seule Chine » proclamé par la République populaire de Chine.

Témoignant devant le Congrès américain, le secrétaire d’Etat adjoint d’alors James Kelly avait clairement précisé que la « politique d’une seule Chine » des Etats-Unis n’était en aucun cas le même que le « principe d’une seule Chine » de la République populaire de Chine.

Avec son propre processus de démocratisation, Taïwan possède son propre Président et son propre Parlement élus démocratiquement, ainsi qu’une presse riche et diversifiée qui jouit d’une totale liberté.

Taïwan possède sa propre armée, conduit ses propres affaires étrangères de manière indépendante, frappe sa propre monnaie, édite ses propres passeports et visas, tout en exerçant une juridiction absolue et exclusive sur son propre territoire. Taïwan n’est en aucun cas une partie de la Chine.

Taïwan continuera de travailler au respect du statu quo dans le détroit et à l’amélioration des relations entre les deux rives :

Tout en approfondissant ses liens avec les autres pays démocratiques, Taïwan n’a pas l’intention de s’éloigner de la Chine. Depuis son entrée en fonctions, la Présidente Tsai Ing-wen n’a eu de cesse de montrer sa bonne volonté envers la Chine. En retour, la Chine a séduit cinq des alliés diplomatiques de Taïwan, et des avions et des navires de l’Armée populaire de libération ont fait régulièrement le tour de Taïwan comme moyen d’intimidation.

La Chine continue de faire obstacle à la participation de Taïwan à des organisations internationales, a eu recours à la désinformation pour s’immiscer dans les élections taïwanaises et dans des débats électoraux sensibles, et elle n’est pas capable de coopérer en fournissant les détails de sa réponse à l’épidémie de fièvre porcine africaine, contrairement aux termes des accords inter-détroit existants. Ces actions ont endommagé gravement l’impression du public taïwanais vis-à-vis de la Chine, dont l’attitude arrogante et entêtée n’a fait que rendre les deux rives du détroit un peu plus éloignées l’une de l’autre.

L’existence d’un Taïwan démocratique est en phase avec l’intérêt commun de la communauté internationale :

Taïwan est un partenaire de confiance, un succès démocratique, et une force du bien dans le monde. Dans un monde toujours plus connecté, les pays devraient ignorer le prétendu « principe d’une seule Chine » ainsi que le concept « Un pays, deux systèmes » de la Chine qui nuit à leur propre intérêt national et renforcer les interactions avec Taïwan.