«Taïwan est désireux et capable de contribuer à renforcer les réseaux de prévention mondiaux à travers une participation à l’Assemblée mondiale de la santé» (AMS), l’organe décisionnel de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), a déclaré le 19 avril le Premier ministre, Lai Ching-te.

Ce dernier a souhaité l’introduction de la République de Chine à la 71ème AMS, dont la réunion est prévue à Genève du 21 au 26 mai 2018. Selon lui, cela permettrait de renforcer les protections contre les maladies transmissibles, estimant aussi qu’en «tant que membre responsable de la communauté internationale, le pays s’engage à préserver la sécurité sanitaire globale».

La volonté du Premier ministre vient de l’aggravation du nombre de cas de rougeole sur le territoire. En effet, d’après le Centre pour le contrôle des maladies (CDC) sous l’égide du ministère de la Santé et des Affaires sociales, Taïwan a déjà enregistré cette année 18 cas de rougeole, dont six contractés à l’étranger et 12 résultant de contacts avec ces six premiers patients. Les cas de rougeole étaient en diminution constante à Taiwan ces dernières années, avec 29 cas détectés en 2015, 14 en 2016 et six en 2017.

«Ces cas sont un rappel qu’à l’ère de la globalisation, les maladies ne connaissent pas de frontières», a souligné lors d’un point presse, Lai Ching-te. Ce dernier a décidé le renforcement des contrôles aux frontières, la prévention et le suivi de l’épidémie, des mesures de quarantaine, ainsi qu’une campagne d’information et de sensibilisation du public.

Observateur à l’AMS de 2009 à 2016, après 38 années d’exclusion, les autorités taïwanaises souhaitent désormais faire partie prenante de l’institution, en faveur de la prévention des maladies dans le monde et du renforcement de la sécurité sanitaire globale est largement reconnue.

En 2017, l’invitation d’observateur de Taïwan à l’AMS n’a pas été renouvelée, en raison du gouvernement chinois, qui argue le principe d’une seule Chine, restant la condition préalable pour que Taïwan participe aux événements internationaux

D’ailleurs, Ma Xiaoguang, porte-parole du Bureau des Affaires de Taiwan du Conseil des Affaires d’Etat,  a rappelé que Taïwan était autorisé à participer aux événements internationaux uniquement sur la base de l’acceptation du principe d’une seule Chine.

Il a souligné que «des dispositions raisonnables» devaient être prises par le biais de négociations à travers le détroit, afin que la République de Chine puisse participer à la conférence annuelle de l’Assemblée mondiale de la Santé qui se tiendra en mai.

Ce dernier a d’ailleurs évoqué la participation de Taïwan de 2009 à 2016, à l’assemblée en conformité avec le «Consensus 1992» définissant le principe d’une seule Chine. «La raison de l’absence de Taïwan à l’Assemblée mondiale de la Santé depuis la prise de fonction du Parti démocrate progressiste est largement connue», a expliqué Ma Xiaoguang.

Depuis l’entrée en fonction de la dirigeante du PDP, Tsai Ing-wen, les relations bilatérales sont tendues, car cette dernière n’a pas reconnu le «Consensus de 1992» qui régit les échanges entre les deux territoires.

Or si le gouvernement taïwanais reconnait ce principe, ses institutions pourront en conformité avec les dispositions actuelles prises par la Chine continentale et l’Organisation mondiale de Santé (OMS), accéder aux informations sur la santé et sur la prévention des épidémies dans le monde, et ses experts pourront participer aux réunions et activités techniques liées à l’OMS.

D’autant que Taïwan est très actif. Le gouvernement a envoyé 58 personnes pour participer aux réunions techniques liées à l’OMS entre 2013 et 2017, et a signalé des cas de grippe H1N1 et des cas d’infection humaine par la grippe aviaire H7N9 à l’OMS ces dernières années.

« La réalisation de l’objectif de la santé pour tous »