L’Association des banques centrales africaines (ABCA) a indiqué que « le tapage sur la dette chinoise envers les pays africains » était « sans fondement », d’après son président John Rwangombwa.

« Le pourcentage de la dette chinoise par rapport à la dette totale de l’Afrique ne peut pas être considéré comme un problème pour le continent », a assuré John Rwangombwa, qui est aussi gouverneur de la banque centrale du Rwanda.

Lors d’une conférence de presse à Kigali, capitale du Rwanda, il a expliqué qu’il est « bon d’emprunter, y compris à l’étranger, mais les pays africains doivent investir dans de bons projets, qui permettent à l’économie de générer des devises, ce qui les aide à rembourser leur dette ».

Selon lui, « il est conseillé d’emprunter au niveau national pour réduire les risques de change, mais l’Afrique est confrontée à un déficit de financement ». Cependant, il a assuré que les pays africains devaient améliorer leur capacité de gestion de la dette, en empruntant à bon escient et cherchant à développer leurs marchés des capitaux.

« Le fait que la dette en Afrique ait augmenté n’est pas un phénomène unique au continent, mais un phénomène mondial qui nécessite une gestion globale », a expliqué Donald Kaberuka, économiste rwandais et ancien président de la Banque africaine de développement, lors de la séance plénière d’un symposium sur les « Stratégies de gestion de la dette souveraine africaine : leçons tirées d’expériences régionales et internationales ».

Cette séance plénière a eu lieu au Rwanda entre le 28 juillet au 1er août sur le thème « Augmentation de la dette souveraine africaine : les implications pour la politique monétaire et la stabilité financière », en présence de plus de 400 participants.

En septembre 2018, Donald Kaberuka a expliqué à Radio France Internationale que « la crise de la dette africaine des années 80-90, par exemple, se définissait par une augmentation de la dette des pays africains, dans un contexte de croissance économique négative, les prêts n’impulsant pas de surplus de croissance, car mal ciblés ».

Or « nous voyons aujourd’hui, au contraire, une augmentation de la dette des pays d’Afrique en rapport avec une augmentation de la croissance des économies. La raison en est simple : les prêts sont des investissements dans l’infrastructure de base, créant ainsi une plateforme supérieure de développement économique dans laquelle le budget, le commerce, la production… changent d’échelle », avait souligné ce dernier.