«Les États-Unis sont l’inventeur de la diplomatie coercitive»

par | Juil 27, 2021 | Amériques, Chine-Etats-Unis, MONDE

Le 26 juillet, durant son entretien avec la secrétaire d’État adjointe américaine Wendy Sherman, le vice-ministre des Affaires étrangères Xie Feng a tenu tête à la position américaine vis-à-vis de la Chine.

Vice-ministre des Affaires étrangères, Xie Feng

Ce dernier a suivi la position Yang Jiechi, le plus haut responsable du Parti communiste chinois pour la diplomatie et le ministre des Affaires étrangères, Wang Yi, lors de leurs échanges en mars 2021 en Alaska avec le secrétaire d’État américain Antony Blinken et le conseiller présidentiel pour la sécurité nationale Jake Sullivan.

A ce moment là, Wang Yi avait assuré que «la Chine ne fera aucun compromis sur des sujets concernant sa souveraineté, sa sécurité et ses intérêts». Il en a été de même lors de la rencontre entre Xie Feng et Wenfy Sherman.

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«Un désir d’hégémonie ou d’expansion territoriale n’est tout simplement pas dans l’ADN de la Chine. La Chine n’a jamais contraint un autre pays. Elle répond à l’ingérence étrangère par des mesures de rétorsion légitimes et légales», a assuré le vice-ministre.

Ce dernier a indiqué que l’objectif de la Chine est de défendre les droits et intérêts légitimes du pays et de faire respecter l’équité et la justice internationales.

«La Chine n’est jamais allée aux portes d’autres pays dans le but de provoquer des troubles. Elle n’a jamais tendu le bras dans le foyer d’autrui, et encore moins occupé le moindre centimètre carré du territoire d’autres pays. Ce sont uniquement les États-Unis qui sont l’inventeur, le détenteur du brevet et de la propriété intellectuelle de la diplomatie coercitive», a assuré ce dernier.

Selon Olivier Schmitt, auteur de «La coercition», dans «Guerre et stratégie» (2015), la diplomatie coercitive est «l’utilisation de menaces afin d’influencer le comportement d’un autre acteur. Ces menaces peuvent être de trois ordres (économique, militaire et diplomatique), et utilisées simultanément, la logique de base de la coercition étant d’imposer à la cible un coût supérieur au bénéfice qu’elle tire de ses actions, tout en réduisant les dommages pour soi-même».

«Ce sont les États-Unis qui se sont engagés dans de vastes sanctions unilatérales, des décisions juridiques dépassant ses frontières et une ingérence dans les affaires intérieures d’autres pays», a ajouté ce dernier.

Un avis partagé par le conseiller d’État et ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi, qui a indiqué lors d’une conférence de presse qu’«aucun pays n’est supérieur aux autres et la Chine n’acceptera jamais aucun pays qui se considère de cette façon».

Avant l’arrivée de la secrétaire d’Etat adjointe des Etats-Unis, Wendy Sherman, Wang Yi a répondu que déclarations du porte-parole du Département d’Etat des Etats-Unis, Ned Price, sur la visite «en position de force» de Wendy Sherman.

Le Département d’Etat des Etats-Unis a également indiqué dans un communiqué de presse, que ces rencontres faisaient «partie des efforts actuels des Etats-Unis d’entretenir des échanges francs avec les officiels de la République populaire de Chine pour promouvoir les intérêts et les valeurs des Etats-Unis, et gérer de façon responsable les relations».

«Les Etats-Unis ont toujours fait pression sur les autres avec leurs forces auto-proclamées et de façon condescendante, mais je tiens à avertir la partie américaine qu’aucun pays n’est supérieur aux autres, ni ne devrait l’être», a déclaré Wang Yi.

Le ministre chinois a souligné que la Chine n’accepterait jamais aucun pays qui pense de cette façon : «Si les Etats-Unis n’ont toujours pas appris à traiter les autres pays sur un pied d’égalité, alors la Chine, ensemble avec la communauté internationale, a la responsabilité de le leur enseigner».

«Les Etats-Unis ne sont pas qualifiés pour faire la leçon à la Chine ou interférer dans les affaires de la Chine, ni ne sont-ils qualifiés pour dire qu’ils gèrent leurs relations avec la Chine « en position de force »», a ajouté le porte-parole du MAF chinois, Zhao Lijian, à l’occasion d‘une conférence de presse organisée vendredi dernier.

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