L’Inde a publié une nouvelle liste d’applications chinoises interdites pour des raisons de sécurité. Depuis juin 2020, pas moins de 321 applications chinoises ont été interdites par l’Inde.

Certaines des applications concernées avaient été interdites en 2020, mais elles étaient réapparues sur les smartphones. New Dehli accuse toujours Pékin de transférer les données sensibles de leurs utilisateurs.

LES TENSIONS ENTRE L’INDE ET LA CHINE PERSISTENT

Selon l’agence de presse Bloomberg, lors de sa visite en Australie, le ministre indien des Affaires étrangères, Subrahmanyam Jaishankar, a mentionné que l’affrontement entre l’Inde et la Chine à la frontière avait été discuté lors des réunions du Quad.

Ce dernier a rejeté sur la Chine la responsabilité du conflit frontalier continu, assurant que la Chine a amassé des troupes le long de ces zones contestées en contradiction avec les accords entre les deux pays.

Pour le porte-parole du ministère chinois des affaires étrangères, Wang Wenbin, « les tenants et aboutissants de la situation à la frontière entre la Chine et l’Inde sont très clairs et la responsabilité n’incombe pas à la Chine ».

« À l’heure actuelle, la Chine et l’Inde sont en communication pour améliorer davantage la gestion et le contrôle de la frontière et les mesures de confiance. Nous espérons que l’Inde respectera strictement une série d’accords » signés par la Chine et l’Inde.

Lors d’une conférence de presse, le 14 février, le porte-parole de la diplomatie chinoise a dit espérer que l’Inde s’abstienne « de faire des remarques irresponsables et travaillera avec la Chine pour sauvegarder conjointement la paix et la tranquillité de la zone frontalière par des actions concrètes ».

L’INDE INTERDIT DE NOUVELLES APPLICATIONS CHINOISES

New Dehli a de nouveau interdit à 54 applications chinoises d’être téléchargeables sur les smartphones des Indiens.

Ces applications chinoises sont liées à des grands noms de la tech chinoise tels que Tencent, Alibaba ou bien encore NetEase, et dont certaines étaient interdites depuis juin 2020. Ces derniers avaient espérer pourtant avoir réussi à échapper à la censure indienne.

Selon un officiel cité par le quotidien économique indien, «The Economic Time», plusieurs de ces applications avaient tenté de contourner les règles, soit en changeant l’identité du détenteur de leur licence, soit en se faisant domicilier hors de Chine continentale, à Hong Kong ou à Singapour par exemple.

D’autres, telles que TikTok (appartenant à ByteDance) ou WeChat (Tencent) ont permit aux utilisateurs de télécharger leurs fichiers APK permettent l’installation d’une application sans passer par le Play Store de Google, pour les smartphones Android, ou bien encore l’App Store d’Apple.

Ces opérations ont été critiqué par New Dehli, car le fond du problème n’a pas pour autant été réglé pour les autorités indiennes qui accusent toujours ces applications de transférer les données des utilisateurs indiens à l’étranger et notamment en Chine.

«Ces données, collectées en temps, réel sont utilisées à mauvais escient et transmises à des serveurs situés dans des pays hostiles», a déclaré dans un communiqué le ministère dans un communiqué ministère indien de l’électronique et des technologies de l’information (Meity).

Raison pour laquelle, le ministère indien s’est adressé aux principales plateformes offrant le téléchargement de ces applications pour leur demander de les interdire. «Elles sont d’ores et déjà bloquées sur le Play Store», a affirmé The Economic Times.

Les applications concernées sont tant des applications de jeux que des utilitaires pour l’appareil photographique ou le système de son des smartphones.

Depuis juin 2020, pas moins de 321 applications chinoises ont été interdites par l’Inde. Le plus souvent après des regains de tensions à la frontière entre les deux pays. La première interdiction, en juin 2020 avait ainsi suivi de peu un affrontement sans précédent depuis 1975 au cours duquel une vingtaine de soldats indiens avaient trouvé la mort.

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LA CHINE S’INQUIÈTE

Le ministère chinois du Commerce a exprimé de sérieuses préoccupations concernant « les mesures de répression prises par l’Inde à l’encontre des entreprises chinoises et des applications concernées », affirmant que « ces comportements avaient porté atteinte aux droits et intérêts légitimes des entreprises chinoises ».

« Nous avons remarqué que des investisseurs étrangers, dont des entreprises chinoises, étaient de plus en plus préoccupés par l’environnement d’investissement de l’Inde », a indiqué Gao Feng, porte-parole du ministère du Commerce, lors d’une conférence de presse en réponse à des questions concernant l’interdiction des applications chinoises par l’Inde.

« Nous espérons que l’Inde pourra améliorer l’environnement commercial et traitera tous les investisseurs étrangers, dont les entreprises chinoises, de manière égale, transparente et sans discrimination », a-t-il indiqué.

Notant que la Chine et l’Inde sont des partenaires économiques importants, Gao Feng a dit souhaiter voir l’Inde prendre des mesures concrètes pour maintenir une bonne dynamique de la coopération économique et commerciale bilatérale.

En 2021, le commerce bilatéral entre la Chine et l’Inde a progressé de 43% sur un an pour atteindre 125,7 milliards de dollars, selon le ministère.