« Les relations bilatérales entre l’Inde et la Chine ne se développeront que lorsque les deux pays retireront leurs troupes à la frontière himalayenne dans la région disputée du Ladakh », a déclaré le ministre indien des Affaires étrangères, Subrahmanyam Jaishankar.

Ce dernier a évoqué cette possibilité auprès de son homologue chinois Wang Yi, en marge d’une conférence régionale à Douchanbé. « (Nous avons) discuté du désengagement dans nos zones frontalières. Souligné que des progrès à cet égard sont essentiels pour le rétablissement de la paix et de la tranquillité, qui sont la base du développement des relations bilatérales« , a écrit le ministre indien sur Twitter.

Selon le porte-parole du ministère chinois des affaires étrangères, Zhao Lijian, le ministre indien des Affaires étrangères Subrahmanyam Jaishankar a déclaré que « l’Inde et la Chine avaient enregistré des progrès dans le traitement de la situation frontalière mais qu’il restait pour elles des questions à résoudre ».

L’inde s’est dite « prête à travailler avec la Chine pour observer les accords conclus entre les deux parties, promouvoir des résultats encourageants dans le prochain cycle de réunion au niveau des commandants d’armée des deux pays, et défendre réellement la paix et la tranquillité dans les zones frontalières ».

Subrahmanyam Jaishankar a également dit espérer que la Chine et l’Inde « travailleront ensemble pour remettre les relations bilatérales sur le bon rail et guideront les différentes parties dans l’élaboration d’une perception plus active et mutuellement bénéfique des relations bilatérales ».

Enfin, « l’Inde entend conjuguer ses efforts avec ceux de la Chine pour renforcer la communication et la coordination dans des cadres tels que les BRICS et l’OCS et relever les défis planétaires tels que le terrorisme », selon Zhao Lijian.

De son côté, le ministre Wang Yi a souligné que « la Chine et l’Inde, deux économies émergentes, devraient continuer de rester attachées au consensus stratégique, selon lequel elles ne constituent pas une menace l’une pour l’autre mais représentent des opportunités de développement, et faire en sorte que les relations bilatérales et la coopération pragmatique entre les deux pays entrent dans un rail de développement sain et régulier ».

Les tensions entre la Chine et l’Inde, qui se sont accrues en 2020 lorsque l’Inde a accusé la Chine d’avoir franchi leur frontière commune, mobilisent depuis des milliers de soldats indiens et chinois dans l’ouest de l’Himalaya. En juin 2020, cette opposition a culminé avec des combats rapprochés qui ont entraîné la mort de soldats des deux camps pour la première fois en plusieurs décennies.

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Après une série de discussions, les troupes de Chine et d’Inde ont reculé sur certaines sections de la frontière, notamment du côté du lac Pangong Tso, mais l’artillerie reste positionnée à proximité.

« La Chine a toujours géré le problème de la frontière sino-indienne correctement et avec une attitude positive », a affirmé le ministre chinois des Affaires étrangères, tout en prônant la coopération des deux nations pour empêcher que tout incident frontalier ne se reproduise.

Le bref conflit qui a opposé la Chine et l’Inde en 1962 n’a jamais été résolu, et celles-ci continuent de se disputer, dans l’Himalaya occidental, une bonne part de la zone frontalière.

« Il est également essentiel que la Chine ne considère pas ses relations avec l’Inde à travers le prisme d’un pays tiers », a précisé Subrahmanyam Jaishankar à Wang Yi, en référence aux liens militaires étroits que la Chine entretient avec le Pakistan, grand rival de l’Inde.