Le Sommet de l’Union Africaine (UA) a ouvert ses portes le dimanche 25 juillet en Ouganda, afin d’évoquer plusieurs dossiers majeurs pour le continent, mais c’est la Chine est resté le sujet principal de certains dirigeants africains, qui veulent s’associer aux chinois pour sortir de leur dépendance à l’Occident.

Mais ce qui aura marqué cet évènement est la déclaration de Maxwell Mkwezalamba, responsable des affaires économiques de l’Union africaine, assurant que « le continent doit se débarrasser de sa dépendance envers les financements occidentaux ».

En 2003 lors du Forum sino-africain sur la coopération, les observateurs internationaux craignent déjà l’émergence de la Chine dans le continent, remettant en cause les monopoles de certains pays, comme la France, l’Allemagne, les Etats-Unis.

S’allier à la Chine pour plus de profits

En effet depuis l’an 2000, lancement officiel du nouveau cadre de développement sino-africain, le FOCAC, les relations entre le continent et la Chine ont explosé. Les domaines de coopération s’élargissent de forum en forum, que ce soit le secteur pétrolier, minier, que l’agriculture, le BTP et la communication.

Chine afriqueLa Chine est désormais présente dans tous les secteurs d’activité d’Afrique et ne compte pas s’arrêter là. Face à ces évolutions, l’occident tente de pointer le doigt sur les liens entre la Chine et certains pays comme le Soudan, la Lybie, ou encore la Guinée Conakry.

En dépit des réticences de certains de leurs alliés historiques, de nombreux dirigeants veulent développer leur pays et pour cela veulent s’associer à la Chine, dont la croissance économique laisse présager d’importants accords commerciaux. D’ailleurs, la politique de non ingérence de la Chine ravit bon nombre de dirigeants africains qui souhaitent commercer sans condition moralisatrice.

Raison pour lesqulles, Maxwell Mkwezalamba a affirmé « nous dépendons pour le développement et l’intégration de l’Afrique du monde occidental« . Cependant, « nous ne pouvons plus continuer de la sorte. Nous devons diversifier nos partenariats, par conséquent travailler avec la Chine est quelque chose que nous accueillons favorablement ».

Soutien de la Chine à l’UA

Le Premier ministre Wen Jiabao a envoyé un message de félicitations aux dirigeants africains à l’occasion de ce 15ème sommet, leur souhaitant plein « succès« .  Ce dernier a d’ailleurs profité de l’occasion pour saluer « le rôle important de l’UA dans les efforts pour la paix et la stabilité, le développement économique et social en Afrique« .

Ce dernier a également souhaité que les dirigeants continuent de mener l’Afrique vers « la voie de la renaissance« . Une voie qui sera pleinement soutenue par la Chine, d’après Wen Jiabao, qui a évoqué les « efforts des amis africains pour la paix, la stabilité et le développement, ainsi que pour la construction de l’UA et le processus d’intégration du continent ».

Le Premier ministre chinois a rappelé les objectifs établis lors de la 4ème conférence ministérielle du Forum de coopération Chine-Afrique de 2009 en Egypte. A cette occasion, les représentants chinois ont annoncé une enveloppe de 10 milliards de dollars sur 3 ans pour l’Afrique, pour le développement d’infrastructures, par exemple.

Cette décision avait rassuré les dirigeants africains, qui voyaient de nombreux pays Occidentaux, dont la France et les Etats-Unis diminuer leurs aides à cause de la crise économique et financière internationale.

Le pillage de l’Afrique par les chinois

Ce soutien chinois est considéré par ces puissances occidentales comme un pillage des ressources naturelles africaines, une nouvelle forme de colonialisme. Des représentants françaises, britanniques et surtout américains accusent la Chine de fermer les yeux sur les Droits de l’homme, et de faire des affaires avec des « états voyous ».

Selon Maxwell Mkwezalamba, « les conditions auxquelles sont soumis les prêts des partenaires traditionnels de l’Afrique, comme la Banque mondiale, poussent le continent dans les bras de la Chine. En obtenant le soutien de la Chine, entre autres, nous renforçons notre position de négociation avec la Banque mondiale, qui tend à imposer des conditions très lourdes. Les ressources n’arrivent que très lentement ».

Le responsable des affaires économiques de l’Union Africaine est revenu sur la lenteur des dons fait par le Fonds Monétaire International et les pays occidentaux. « Ils vous disent que vous allez recevoir aujourd’hui 100 millions de dollars, mais vous ne les recevez qu’après deux ans, parce qu’il faut beaucoup de temps pour valider le prêt », a déploré ce responsable.