Des milliers de militants pro-démocratie ont bravé ce 31 août l’interdiction de manifester et sont descendus dans les rues, après l’arrestation de plusieurs personnalités du mouvement.

Arguant les échauffourées du 25 août, parmi les plus graves depuis le début de la contestation en juin, la police a justifié la décision d’interdire la manifestation prévue ce 31 août.

5ème anniversaire du refus d’organiser des élections au suffrage universel

Cependant, les autorités ont averti la population contre le risque de « graves perturbations ». En effet, pour contourner l’interdiction, des appels avaient été lancés à organiser sur l’île des rassemblements religieux, ne demandant pas les mêmes autorisations.

Plusieurs milliers de personnes se sont réunies dans un stade du quartier de Wanchai (centre). En prévision de heurts, la police a érigé de nouvelles barrières autour du Bureau de liaison, regroupant les antennes du gouvernement central chinois et déployé des canons à eau.

Ce 31 août marque le cinquième anniversaire du refus par Beijing d’organiser des élections au suffrage universel à Hong Kong. Cette décision avait déclenché le « Mouvement des parapluies » de 2014, qui aura duré 79 jours d’occupation du coeur financier et politique de la ville.

La manifestation est à l’initiative du Front civil des droits de l’homme (FCDH), organisation non violente aussi à l’origine des plus grands rassemblements de ces derniers mois.

Réactions internationales

A Washington, le président américain Donald Trump a demandé à Beijing d’agir « avec humanité » à l’égard des contestataires. De son côté, Amnesty International a dénoncé des « tactiques visant à semer la peur tout droit sorties des manuels chinois ».

Afin d’éviter tout débordement, le FCDH avait retiré son appel à manifester mais de nombreux militants ont discuté en ligne et suggéré plusieurs initiatives pour soutenir le mouvement. Parmi elles, « faire du shopping en masse », ou participer à des rassemblements religieux pour prier pour les « pécheurs hongkongais ».

Le 31 août au matin, le forum LIHKG a annoncé sur Twitter que son application avait été la cible de « la pire attaque qu’elle ait jamais essuyée ». Un haut responsable de la police a annoncé que ses effectifs restaient mobilisés en cas de nouveaux affrontements avec la frange radicale du mouvement.

Arrestation de militant et député

D’ailleurs, les manifestants et militants étaient sous le choc suite à l’interpellation de cinq militants et trois députés.

Parmi eux, deux représentants de premier plan du « Mouvement des parapluies », Joshua Wong et Agnes Chow, qui ont été arrêtés le 30 août, et inculpés ensuite, notamment pour « incitation à participer à un rassemblement non autorisé ». Ils ont été ensuite libérés sous caution.

« Nous poursuivrons le combat », a assuré Joshua Wong, dénonçant « l’effet glaçant » des arrestations d’opposants. Andy Chan, fondateur d’une minuscule formation indépendantiste interdite par les autorités, a aussi été arrêté, ainsi que deux autres contestataires connus, Rick Hui et Althea Suen.

Mais pour la première fois depuis le début de la mobilisation trois députés ont aussi été arrêtés vendredi : Cheng Chung-tai, Au Nok-hin et Jeremy Tam. Plus de 900 personnes ont au total été interpellées depuis juin.