Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Zhao Lijian, a rejeté les remarques du secrétaire d’Etat américain, Antony Blinken, sur la visite en Chine de la Haute-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Michelle Bachelet.

WASHINGTON « PRÉOCCUPÉ »

Le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken, considère que la Chine se livre à un « génocide » et pointe l’opacité du déplacement de Michelle Bachelet

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« Les Etats-Unis restent préoccupés par la visite de la Haute commissaire de l’ONU chargée des droits de l’Homme, Michelle Bachelet, et de son équipe en République populaire de Chine et des efforts de cette dernière pour restreindre et manipuler ce déplacement », a indiqué Anthony Blinken, le Secrétaire d’Etat américain.

Il s’est dit « troublé par des informations selon lesquelles les habitants du Xinjiang ont été avertis de ne pas se plaindre ou de parler ouvertement des conditions dans la région ». Selon lui, les conditions de cette visite « n’ont pas permis une évaluation complète et indépendante de la situation des droits de l’Homme, y compris au Xinjiang », dans l’est du pays.

Cette région autonome de Chine a longtemps été confronté à des attentats sanglants visant des civils et commis, selon les autorités, par des séparatistes et islamistes ouïghours. Raison pour laquelle, le Xinjiang fait l’objet d’une politique sécuritaire stricte.

Des ONG occidentales accusent la Chine d’avoir interné plus d’un million de Ouïghours et de membres d’autres groupes ethniques musulmans dans des «camps de rééducation», voire d’imposer du «travail forcé» ou des «stérilisations forcées».

Michelle Bachelet s’est rendue au Xinjiang dans la capitale régionale, Urumqi, et dit avoir visité dans la ville de Kashgar une prison, où elle a notamment vu des prisonniers, décrivant son accès comme «assez ouvert, assez transparent».

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PÉKIN DÉNONCE

A la suite des propos d’Antony Blinken, le porte-parole de la diplomatie chinoise, Zhao Lijian, a indiqué que « la Chine estime que cette visite a renforcé la compréhension et la coopération, et a clarifié la désinformation ».

Du 23 au 28 mai 2022, la Haute-Commissaire des Droits de l’homme, Michelle Bachelet a eu des réunions et des entretiens, des conversations et des visites sur le terrain à Guangzhou et au Xinjiang.

Elle « a eu une compréhension et une reconnaissance plus profondes sur la voie de la Chine pour le développement des droits de l’homme et a eu une expérience directe de la réalité du Xinjiang en matière de sécurité et stabilité sociales, de développement sain et durable et de bien-être de la population », a-t-il ajouté.

Pour ce dernier, « tous les mensonges et les rumeurs liés au Xinjiang se sont effondrés devant les faits et la vérité ». Zhao Lijian a annoncé que les Etats-Unis avaient « cette fois fabriqué de nouveaux mensonges selon lesquels la Chine avait restreint et manipulé la visite ».

« En fait, toutes les activités et tous les arrangements de la Haute-Commissaire Mme Bachelet durant son séjour en Chine ont été décidés conformément à sa volonté et sur la base d’une consultation complète », a-t-il indiqué, ajoutant que Mme Bachelet a également déclaré lors de la conférence de presse qu’elle avait eu des réunions non supervisées et étendues au cours de sa visite.

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« Où sont les restrictions et les manipulations ? Ne cherchez pas plus loin que les Etats-Unis pour trouver ceux qui tentent de manipuler cette visite », a poursuivi le porte-parole.

D’après lui, « ce sont toujours les Etats-Unis qui étaient au début les plus virulents à l’égard de la visite de Mme Bachelet en Chine, avaient imposé diverses conditions à la visite convenue et avaient finalement attaqué et calomnié la visite après qu’elle avait eu lieu ».