Le 7ème jour du 7ème mois lunaire du calendrier chinois correspond à la Saint-Valentin en Chine, également appelée, Qixi. Aussi connue sous le nom « Jour du double sept » (07.07),  cette journée célèbre l’amour impossible entre Zhinu (tisserande) et Niulang (bouvier).

Devenue une tradition pour les jeunes filles, Qixi est le moment où ces jeunes femmes doivent démontrer leurs compétences domestiques pouvant combler un mari. A cette occasion, des rituels sont menés afin de prédire leur avenir matrimonial.

Durant la dynastie Han (206 av. J-C à 220), Qixi était l’une des seules célébrations populaires de la société, uniquement destinée aux amoureux. Par la suite, les chinois se sont mit à fêter le « 5.20 » (20 mai), qui signifie « Wo Ai Ni » (Je t’aime) ainsi que la Saint Valentin occidentale, le 14 février.

Interrogé par les médias, Wang Laihua, professeur à l’Académie des sciences sociales de Tianjin, a expliqué que Qixi est « l’unique fête traditionnelle chinoise pour les jeunes femmes », également considérée comme la plus romantique.

Célébrée en Corée, au Japon, et en Chine, par les Hans, les Mandchous, les Zhuang, les Dong, les Miao et les She, célébraient Qixi qui possédait alors d’autre appellation. Ainsi, les Mandchou l’appellent Jixing, ils offrent ce jour là des sacrifices aux étoiles. Les Oroqen célèbrent eux, Jiyueliang, et offrent des sacrifices à la Lune.

L’une des 4 grandes légendes  

Cette fête vient de la légende de Niulang (le bouvier) et de Zhinu (la tisserande). S’il pleut ce jour-là, c’est parce que Zhinu pleure le jour où elle a rencontré son mari, Niulang, sur la Voie lactée.

Orphelin, Niulang, vivait avec un vieux buffle, un jour alors qu’ils se promenaient, ils rencontrèrent 7 sœurs fées se baignant dans un lac. Encouragé par le buffle, il se cacha dans les roseaux, après avoir volé leurs vêtements, afin de voir ce qui allait se passer.  Les fées envoyèrent leur cadette, Zhinu, pour aller récupérer leurs vêtements.

Prises de panique, elles se rhabillèrent et s’envolèrent, laissant Zhinu seule. Elle accéda à la demande en mariage de Niulang, car celui-ci l’avait vu nue. Heureux ensemble, Niulang cultivait ses champs, pendant que Zhinu tissait, en présence de ses enfants.

Représentation dans le Long Corrido du Palais d'été de Beijing

Représentation dans le Long Corrido du Palais d’été de Beijing

Avant de mourir, le buffle demanda au Bouvier de garder sa peau, car elle  pourrait lui être utile. Le couple dépassa à contrecœur l’animal et enterra son corps sur une pente de la montagne.

Apprenant le mariage de la Tisserande avec le Bouvier, l’Empereur de Jade et la Déesse ordonnèrent aux gardiens célestes de ramener Zhinu, pendant l’absence du Bouvier.

Niulang parti à sa recherche, vêtu de la peau du buffle sur ses épaules, porta à la palanche son fils et sa fille. Alors qu’il allait rattraper les gardiens célestes, la Déesse tira de sa chevelure une épingle et créa une rivière, appelée la Voie lactée.

Niulang ne parvint pas à récupérer son épouse, ils ne pouvaient que s’observer de part et d’autre de la rivière. Émus par leur amour sincère, l’Empereur de Jade et la Déesse les autorisa à se rencontrer chaque année le 7ème jour du 7ème mois lunaire.

Ce jour-là, les pies s’envolent vers le ciel afin de former un pont (Que Qiao) au-dessus de l’étoile Deneb dans la constellation du Cygne, permettant au Bouvier et à la Tisserande se retrouver. La légende raconte que la nuit, les murmures des deux amoureux s’entendent sous une treille.

A la fin de la journée, le pont s’effondre et les deux amoureux se quittent, c’est ainsi que la Voie lactée séparent les étoiles Altaïr et Véga. Zhinu reste éternellement de son côté de la rivière, travaillant tristement sur son métier à tisser, tandis  que Niulang prend soin de leurs deux enfants, qui ne sont autre que les deux étoiles voisines Beta Aquilae et Gamma Aquilae.

Une fête pour célébrer l’amour

Lors de cette journée, les gens rendent hommage à Niulang et Zhinu, en écoutant des paroles célestes sous la tonnelle des melons d’eau, puis jettent des aiguilles pour la divination.

Des offrandes sont faites à la 7ème déesse (Qifuren), à l’étoile de lettres (Kuixing et Wenchangxing), au Dieu de la richesse (Guan Gong), et à la constellation Vega.

Les peintures de Niulang et Zhinu, la statue de la septième déesse, les peintures sur la fête, le pavillon et l’aiguille, les fruits pour la dextérité, ou encore le jeu de composition de sept plaques, sont autant d’objets et d’articles utilisés au cours de cette fête.

Depuis plusieurs années, les chinois préfèrent célébrer la Saint Valentin occidentale, le 14 février, au détriment de cette fête traditionnelle. D’ailleurs, pour remettre les fêtes traditionnelles chinoises au goût du jour, certaines villes à l’approche du 7 juillet lancent des campagnes de promotion sur des produits à thème. Le but est de redorer le blason des fêtes culturelles nationales, au détriment des f^ters occidentale.

D’autres municipalités incitent les amoureux à se marier le 7 juillet, comme symbole de leur amour. Certains couples choisissent d’ailleurs cette date pour célébrer leur mariage, en costume traditionnel, afin que cela leur porte-bonheur. Les parcs d’attraction organisent aussi des mariages collectifs ; des centres commerciaux mettent en place des concours et des jeux.

QiXi est également l’occasion pour les célibataires de participer à des événements, sorte speed-dating pour trouver l’amour. Tous mangent du Qiaoguo, appelé gâteau d’habileté ou Qiqiaoguozi, gâteau de prière pour l’habileté. Ressemblant plus à une crêpe, faite de sucre et de miel,  elle possède plusieurs formes.