Le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, se rendra en Chine pour une visite de trois jours, accompagné de près de 500 dirigeants d’industrie et autres hommes d’affaires.

A l’occasion de sa visite, il évoquera le problème des droits de douane américains qui pénalise les deux économies, le dossier nord-coréen et les enlèvements de ressortissants japonais, ainsi que la signature d’un accord pour reprendre les visites des flottes chinoises et japonaises.

La venue en Chine de Shinzo Abe est la première visite officielle d’un premier ministre japonais depuis 2011, dans un contexte de rapprochement des deux puissances rivales face à la guerre commerciale engagée par les États-Unis.

Ce déplacement s’inscrit dans un long processus de réconciliation, six ans après la nationalisation par l’État nippon d’îles disputées par Pékin, décision qui avait entraîné à des manifestations anti-japonaises, parfois violentes, dans tout le pays.

Les relations entre les deux pays sont tendues en raison de contentieux historiques, il aura fallu attendre fin 2014 pour que s’amorce un léger rapprochement, symbolisé par une poignée de mains entre Shinzo Abe et le président chinois Xi Jinping.

Depuis, les deux hommes se sont entretenus en marge de conférences et sommets internationaux, des visites ministérielles ont eu lieu des deux côtés, et le ton s’est adouci, ouvrant la voie à une rencontre bilatérale formelle.

Cette visite signera «un retour à la normale des relations» bilatérales, pour Hua Chunying, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères. D’ailleurs, les échanges devraient être amicaux en ce 40ème anniversaire du Traité de Paix et d’amitié, scellé en 1978 par Beijing et Tokyo.

«Il semblerait que la guerre commerciale avec les États-Unis ait contribué à rapprocher un peu» les deux rivaux asiatiques, a estimé Kristin Vekasi, professeure de sciences politiques à l’Université du Maine (États-Unis) et spécialiste des relations sino-japonaises.

«En ce sens, ils sont dans le même camp, et si le Japon décidait de prendre ses distances» vis-à-vis de son imprévisible allié américain, «peut-être y aurait-il la possibilité de liens plus étroits avec la Chine» a-t-elle expliqué à l’Agence France Presse.