Pour la première fois de son histoire, la Chine a adopté une loi sur les violences conjugales, alors qu’auparavant elles étaient considérées comme un problème privé, qui n’entrait pas dans le cadre politique et juridique.

Cette loi arrive à un moment où la situation nécessitait une réaction politique et juridique. Car selon la Fédération des femmes chinoises, près de 40% des femmes mariées ou ayant un partenaire, font l’objet de violences physiques ou sexuelles et près de 25% des familles sont touchées par ce phénomène.

La Chine a évoqué ce problème à quelques reprises, comme en 1995, lors que Beijing a accueilli la 4ème Conférence mondiale sur les femmes, qui a abouti à l’écriture d’un plan international pour promouvoir les droits des femmes. Malgré ces engagements internationaux, aucune loi n’a été décrété.

De plus, en 2001, une modification de la loi sur le mariage a formellement interdit la violence conjugal, mais pour Joan Kaufman, directrice du Columbia Global Centers pour l’Est asiatique, « le gouvernement était dans le déni total. Mais au fil des années, les défenseurs des droits ont travaillé pour que le sujet ne soit plus considéré comme une affaire privée et familiale mais bien comme un crime ».

Désormais, le gouvernement a prit le problème à bras le corps. La loi contre les violences conjugales inclut les abus émotionnels ou psychologiques, afin d’accorder « une protection juridique à des victimes traditionnellement plus silencieuses », selon législateurs.

Le Comité permanent de l’Assemblée nationale du peuple (APN), « interdit toute forme de violence domestique », qu’il s’agit des « dommages aussi bien physiques que psychologiques infligés entre les membres d’une même famille, tels que coups, blessures, contraintes ou limitations forcées de liberté, invectives récurrentes et menaces verbales ».

Le projet d’août retenait seulement les abus physiques, mais la largesse de la définition a conduit les législateurs a redéfinir l’ensemble des violences, a indiqué Su Zelin, directeur adjoint de la Commission pour les affaires législatives du Comité permanent de l’APN, à l’agence de presse, Xinhua.

Cette loi vise également le régime de la cohabitation, ce qui signifie que « les individus qui ne sont pas membres d’une même famille, mais qui habitent ensemble, sont aussi assujettis à la nouvelle règle ».

En juillet, les médias chinois ont mit en exergue les responsabilités « claires partagées entre les divers groupes sociaux, tels que le gouvernement, les organisations sociales, les quartiers, les écoles et les établissements médicaux ».

Ainsi, le texte « autorise les organisations sociales et les individus à dissuader, à prévenir et à signaler les abus physiques et psychologiques commis au sein des familles ». Et désormais, « la police doit intervenir immédiatement quand de tels faits sont signalés ».

Une intervention que ne réalisait pas les policiers, car les violences conjugales étaient de l’ordre de l’intimité, la vie privée.