Des sanctions ciblées sur certains dirigeants chinois ont été décrétées par Washington. La Chine assure qu’elle en fera de même.

Les États-Unis ont infligé le 9 juillet des sanctions à l’encontre de plusieurs dirigeants chinois, accusés d’être en « lien avec de graves atteintes aux droits humains » contre la minorité ouïghour du XInjiang, ont annoncé le Trésor et le département d’État.

Les visas d’entrée aux États-Unis seront refusés à trois responsables et leurs familles, selon un communiqué du secrétaire d’État Mike Pompeo, pour des « abus horribles et systématiques » à l’encontre des Ouïghours, mais aussi d’autres minorités.

Washington, et d’autres capitales occidentales (Paris, Canberra, Londres et Toronto), ainsi que des organisations de défense des droits humains, accusent la Chine d’avoir interné dans la région au moins un million de musulmans.

Mike Pompeo, chef de la diplomatie américaine, avait comparé la situation à l’Holocauste, en parlant de « tache du siècle », lors d’un point presse. La Chine, de son côté, dément ces allégations, évoquant des centres de formation professionnelle.

Parmi les personnes visées par ces mesures, Chen Quanguo, le secrétaire du Parti communiste pour la région du Xinjiang, qui est considéré comme l’instigateur de la politique dure de Pékin sur les minorités.

Interdictions d’utiliser des produits venant d’entreprises chinoises

A ces restrictions s’ajoute un projet de réglementation interdisant aux autorités locales américaines d’acheter des biens ou des services à des entreprises qui utilisent des produits de Huawei et de quatre autres entreprises chinoises.

Selon une source à Washington, citée par l’agence de presse Reuters, cette politique pourrait avoir des conséquences importantes pour les entreprises, vendant des produits et des services au gouvernement américain.

En effet, ces entreprises devront prouver qu’elles n’utilisent pas les produits de ces entreprises chinoises, si la réglementation entre en vigueur. Parmi les sociétés mentionnées, Hikvision et Dahua vendent le plus de caméras de surveillance vidéo dans le monde. De son côté, Huawei est connue pour ses smartphones et ses équipements de réseau, tout comme ZTE. Enfin, le producteur de radio Hytera est sur la liste noire, selon cette source.

La Chine promet de riposter aux sanctions des Etats-Unis

Zhao Lijian, porte parole MAE

La Chine a annoncé qu’elle imposerait des mesures similaire en réponse aux sanctions américaines contre des responsables chinois liés aux violations présumées des droits de l’homme contre l’ethnie Ouïghours, minorité musulmane du Xinjiang.

« Les sanctions américaines représentent une grave ingérence dans les affaires chinoises et sont profondément préjudiciables aux relations entre les deux pays », a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Zhao Lijian.

« Certains aux Etats-Unis prétendent qu’ils se soucient des minorités ethniques au Xinjiang, mais en même temps, ils prennent toutes sortes de mesures pour réprimer les entreprises du Xinjiang », a déclaré le porte-parole.

Selon lui, « cette incohérence illustre leur hypocrisie et leur intention malveillante de contenir le développement du Xinjiang et de semer la discorde entre les différents groupes ethniques en Chine ».

« Nous exhortons la partie américaine à respecter les faits, à arrêter les manipulations politiques, à mettre fin aux paroles et aux actes erronés préjudiciables aux autres et à elle-même et à cesser d’utiliser le Xinjiang comme prétexte pour perturber la coopération normale entre les entreprises chinoises et américaines », a indiqué Zhao Lijina.