La tension reste intense entre la Chine et les États-Unis sur la question de Taïwan. D’ailleurs, le secrétaire à la Défense américain s’est dit préoccupé par le nombre important et la fréquence des sorties militaires de la Chine dans la zone de défense aérienne de l’île.

Le Pentagone a promit de défendre Taiwan en cas d’agression. Cette annonce intervient après la prise de position du Japon, vis-à-vis de Taiwan.

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Selon l’Agence France Presse, l’armée chinoise a effectué en novembre 159 incursions avec des avions de combat et des bombardiers dans la zone de défense aérienne de Taïwan.

Pour Lloyd Austin, secrétaire américain à la Défense, ces incursions semblaient être des répétitions d’opérations militaires contre l’île autonome démocratique dont Pékin revendique la souveraineté.

« Cela ressemble beaucoup à l’analyse de leurs véritables capacités et bien sûr cela ressemble beaucoup à des répétitions », a déclaré Lloyd Austin dans un discours au Forum Reagan sur la défense nationale, le 4 décembre.

Pour l’AFP, novembre a été le troisième mois consécutif où plus d’une centaine d’avions de guerre chinois ont fait des incursions dans cet espace sensible, avec cent aéronefs de chasse et neuf bombardiers H6 à capacité nucléaire.

En 2021, l’armée de l’air chinoise a considérablement augmenté « l’envergure et la fréquence de ses missions dans la zone d’identification de la défense aérienne » de Taïwan, a indiqué Lloyd Austin, sans pour autant assurer que la Chine se préparait à un conflit dans un proche avenir, a noté le Financial Times (FT).

Le secrétaire d’État américain Antony Blinken a déclaré le 3 décembre à l’agence de presse Reuters que Washington était absolument engagé à assurer que Taipei pourrait se défendre en cas d’invasion chinoise, qui, d’après lui, aurait des « conséquences terribles ».

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« Personne ne veut voir la situation se développer en un conflit dans cette région, nous allons donc faire tout ce qu’il est en notre pouvoir pour aider à prévenir les conflits et faire baisser la tension dans la mesure du possible« , a-t-il déclaré.

Contrairement aux attentes, la réunion virtuelle de novembre entre Xi Jinping et Joe Biden n’a pas ouvert la voie à une meilleure communication entre les militaires de Chine et des Etats-Unis. Xi Jinping a au contraire prévenu qu’œuvrer à l’indépendance de Taïwan revenait à « jouer avec le feu ».

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Pour Lloyd Austin, la Chine élargit sa capacité à construire un réseau mondial de bases militaires, en mettant en avant les progrès de son armée dans divers domaines tels que les missiles où encore les technologies anti-sous-marines.

D’après les estimations du Pentagone, Pékin quadruplera son stock d’armes nucléaires à plus de 1.000 ogives d’ici 2030.

Afin de faire face à cet arsenal, Washington a annoncé son intention de travailler avec ses alliés, tout en faisant appel à de meilleurs canaux de communication avec Pékin, y compris dans le domaine des armes nucléaires, a ajouté Lloyd Austin.

Ce dernier et Mark Milley, chef d’état-major de l’armée américaine, n’ont pas échangé avec leurs homologues chinois depuis l’arrivée au pouvoir de l’administration Biden, a précisé le Financial Times.