Les récits historiques racontent l’histoire d’un amiral « grandiose tant pas sa taille que par ses aventures« . Zheng He a été le premier chinois a avoir approché les côtes africaines. Poussé par l’Empereur Yongle, Zheng He conduit plus de 20.000 hommes embarqués dans des centaines de bateaux vers « le Golf d’Aden, le détroit d’Ormuz, la mer Rouge, les côtes Somaliennes et la Mecque. »

L’empereur Yongle voulait découvrir d’autres civilisations, afin de commercer et échanger avec elles. Cette initiative vient de la volonté des grands empereurs de l’époque d’ouvrir l’Empire du milieu au monde.

Statue de Zheng He au temple de Sam Po Kong (le "Maître des Trois Joyaux") à Semarang, en Indonésie.

Statue de Zheng He au temple de Sam Po Kong (le « Maître des Trois Joyaux ») à Semarang, en Indonésie.

Selon certains historiens, Yongle aurait réunit 28 chefs et dignitaires venu d’Asie, d’Arabie, de l’Océan Indien et d’Afrique, le 2 février 1421. Ce dernier serait, d’après Serge Michel et Michel Beuret, « la conférence la plus internationale jamais organisée et qui aurait témoigné du rayonnement de la Chine des Ming (1368-1644), un empire alors ouvert au monde. »

Ce désir de voir le monde prend fin à la mort de Yongle, et à l’arrivée du Confucianisme. En effet, la doctrine de Confucius  va supplanter cette envie d’ouverture et de découverte, pour un enfermement sur soi. Cela s’explique par la mise en place de la philosophie Confucéenne, qui dénigre le monde extérieur, car il n’apporterait rien à la civilisation chinoise.

Les lettrés, majoritairement Confucéens, prennent le pouvoir  à la mort de l’empereur. Ils pensent que la Chine est à même de gérer ses affaires, et de se débrouiller seule. A la mort du successeur de Yongle, Xuande en 1435, son fils Zhengtong, âgé de huit ans, hérite du trône. Les bureaucrates vont alors prendre le contrôle de l’empire, et fermeront les portes de la Chine au monde.

La Chine reprend contact avec l’Afrique qu’au 20ème siècle, après la proclamation de la République Populaire de Chine, et plus tard avec le Traité de Bandung, en Indonésie, en 1955.

Né en 1371 dans la province du Yunnan, dans le sud-ouest de la Chine, son nom initial était Ma’Sānb’o. D’origine Hui, il est considéré comme un chinois Han musulman, certains historiens pensent qu’il serait d’origine cham musulmane, lorsque le Royaume Champâ arrivait jusqu’à la bordure méridionale du Tonkin avec le Yunnan au Nord.

Le préfixe honorifique Hajii (Al hajj) indique qu’il est allé à La Mecque, comme son père et son grand-père. Le trône impérial a eu plusieurs hauts dignitaires d’origines ethniques diverses, comme le Vénitien Marco Polo chargé de l’exploitation du sel gemme par forages avec des derricks et du commerce de ce sel, monopole d’État.

Fils d’un chef de la province Mongole du Yunnan, jusqu’à son invasion par l’armée de l’empereur de Chine, durant laquelle son père fut tué et lui capturé. Comme tous les enfants de chefs de guerre rivaux et prisonniers, il fut castré à 9 ans, afin de faire partie des eunuques de la Cour impériale. Il parvint à gravir les échelons pour devenir le grand amiral que l’on connait aujourd’hui. C’est lorsqu’il eu les faveurs de  Yongle, troisième empereur de la dynastie Ming, qu’il changea son nom en Zheng He (en 1404).