Le géant chinois du commerce en ligne, Alibaba, a été plombé par une amende record de 2,3 milliards d’euros pour abus de position dominante. Sans cette amende, Alibaba aurait un bénéfice trimestriel de 3,3 milliards d’euros.

Malgré cette perte, Alibaba a assuré que l’avenir restait prometteur du groupe n’était pas sombre.  Entreprise incontournable du numérique en Chine et considéré comme exemple de réussite en Chine, Alibaba s’est vu infliger en avril 2021 par la Chine une amende de 2,3 milliards d’euros pour entrave à la concurrence. Ce montant représente 4% de son chiffre d’affaires de 2019.

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Les régulateurs avaient alors sanctionné le groupe Alibaba sur des pratiques commerciales jugées déloyales, notamment parce que l’entreprise exigeait des commerçants qu’ils vendent leurs produits uniquement sur ses plateformes.

Cette amende a lourdement pesé sur les résultats du groupe, fondé par Jack Ma, multimilliardaire aujourd’hui à la retraite. Alibaba a essuyé une perte de quelque 974,7 millions d’euros au dernier trimestre de son exercice décalé. Sans cette amende, le géant de l’e-commerce en Chine assure qu’il aurait dégagé un bénéfice de 26,21 milliards de yuans (3,3 milliards d’euros).

Les géants chinois du numérique ont profité durant plusieurs années d’une réglementation relativement laxiste pour se développer, notamment en matière de données personnelles, de concurrence et de paiements en ligne. Mais la Chine fait désormais preuve de fermeté, afin de freiner l’évolution de certaines grandes entreprises, qui détenait des monopoles dans certains secteurs, notamment le paiement en ligne et l’e-commerce.

Les régulateurs ont ainsi convoqué en avril 2021 les principaux acteurs chinois du numérique et leur ont donné un mois pour «corriger» toute entrave à la concurrence, sous peine de «sévères sanctions».

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Suite à l’amende contre Alibaba, une vingtaine d’entreprises s’étaient engagées à des pratiques plus éthiques. Parmi ces sociétés, les mastodontes de l’internet Tencent, Baidu mais aussi ByteDance, propriétaire de la populaire application de divertissement TikTok (Douyin en Chine).

Malgré ce contexte tendu, Alibaba se dit optimiste pour l’année en cours «compte tenu du potentiel du marché» chinois, sur lequel le groupe est incontournable. Alibaba ambitionne de dégager un chiffre d’affaires de plus de 930 milliards de yuans (119,2 milliards d’euros) sur son nouvel exercice annuel (2021-22).

Cependant le groupe, longtemps pionnier du e-commerce, fait face ces dernières années à une concurrence de plus en plus agressive des entreprises chinoises. Le site Pinduoduo, spécialisé dans les ventes groupées à bas prix, est ainsi passé en mars pour la première fois devant Alibaba, en termes d’utilisateurs annuels.

Alibaba, également présent dans la finance, fait face à des pressions de la part des autorités, qui ont entre autre fait capoter l’an dernier la gigantesque introduction en Bourse de sa filiale Ant Group. La firme, qui se voyait lever 34 milliards de dollars à Hong Kong et Shanghai, en a été empêchée in extremis par les autorités, inquiètes de potentiels risques financiers.

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D’ailleurs, Jack Ma avait disparu durant deux mois et demi, un silence qui avait alors suscité de nombreuses interrogations notamment d’ordre politique. Le milliardaire a refait surface lors d’une visioconférence, et récemment prenant la pose en t-shirt bleu avec des employés au siège du groupe à Hangzhou.