La Chine a été confrontée à de vives critiques à l’ONU à propos de ses violations des droits de l’Homme et du traitement infligé aux minorités ethniques, notamment les musulmans Ouïghours et les Tibétains.

Dans son discours intitulé « Suivre la voie du développement des droits de l’Homme à la chinoise et écrire un nouveau chapitre dans la cause des droits de l’Homme en Chine », le vice-ministre chinois des Affaires étrangères, Le Yuchen, a présenté le 6 novembre au Palais des Nations la situation des droits de l’Homme en Chine.

Ce dernier a, selon l’agence de presse Xinhua, présenté les progrès obtenus par la Chine dans le domaine des droits de l’Homme. «La Chine a mis en place un système complet sur la protection des droits de l’Homme et amélioré le système dans lequel le peuple gère les affaires d’Etat», a assuré Le Yuchen.

La délégation officielle chinoise a été mise sur le grill dans le cadre de l’Examen périodique universel (EPU) prévu pour les 193 membres des Nations unies, qui doivent présenter un bilan des droits de l’Homme dans leur pays, tous les quatre ans.

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Plusieurs ambassadeurs étrangers se sont succédé pour poser des questions ou exprimer leurs griefs à l’égard de la Chine, environ 500 personnes manifestaient à l’extérieur du Palais des Nations de Genève, siège de l’ONU. Ils brandissaient des pancartes proclamant «Stop au génocide des Ouïghours» et «Le Tibet meurt, la Chine ment».

«Nous sommes alarmés par la répression croissante des autorités chinoises contre les Ouïghours, les Kazaks et d’autres musulmans au Xinjiang», a déclaré le chargé d’affaires américain, Mark Cassayre, dans la salle du Conseil des droits de l’Homme.

Washington veut selon lui que la Chine «abolisse toute forme de détention arbitraire, y compris les camps d’internement au Xinjiang, et libère immédiatement les centaines de milliers, peut-être même les millions, d’individus détenus dans ces camps».

L’ambassadeur de France, François Rivasseau, a pour sa part demandé aux autorités chinoises de «mettre un terme à ses internements massifs dans des camps, et à inviter la Haut-commissaire aux droits de l’Homme» Michelle Bachelet à observer la situation sur place.

En réponse, le vice-ministre Le Yucheng a dénoncé «des accusations politiques venant de quelques pays pleins de préjugés». De son côté, Xinhua a souligné que «la Chine les a réfutés par les faits, s’opposant fermement aux ingérences extérieures dans ses affaires intérieures sous prétexte de droits de l’Homme et aux tentatives qui portent atteinte à la souveraineté et l’intégrité territoriale».

Le Yucheng a également réitéré la ligne de Beijing selon laquelle les mesures fermes de sécurité au Xinjiang sont nécessaires pour combattre l’extrémisme et le terrorisme, sans viser de groupe ethnique en particulier.

La délégation chinoise a répété que ces «centre de formation professionnelle» visent à «éradiquer la cause fondamentale du terrorisme et de travailler pour ramener sur le droit chemin, éduquer et sauver la majorité des auteurs d’infractions mineures à travers l’assistance et l’éducation pour éviter qu’ils ne deviennent victimes du terrorisme et de l’extrémisme». Mais pour des militants en exil, ces « centres éducatifs » seraient des camps de rééducation politique fermés.

Face aux ambassadeurs étrangers, la délégation chinoise a démenti toute répression des droits civils en Chine et a au contraire mis l’accent sur les progrès accomplis dans la lutte contre la pauvreté.

«Ce que la Chine a fait montre qu’il n’y a pas qu’une voie vers la modernisation et que chaque pays peut choisir sa propre voie de développement et son modèle de protection des droits humains», a répondu Le Yucheng.

Ce dernier a ajouté que «la situation en matière de droits de l’Homme n’est parfaite dans aucun pays. La Chine continue de rencontrer de nombreuses difficultés et de faire face à des défis s’agissant de promouvoir et de protéger les droits de l’Homme».

Pour le directeur de l’organisation Human Rights Watch à Genève, John Fisher, l’examen de la Chine «a mis en évidence le fossé qui sépare le point de vue de Pékin sur son bilan en matière de droits de l’Homme et les tristes réalités vécues par les défenseurs des droits humains, les Tibétains et les Ouïghours détenus arbitrairement».