L’Union européenne a demandé le 29 décembre à la Chine la libération « immédiate » de la « journaliste citoyenne » Zhang Zhan et de plusieurs autres dissidents.

Zhang Zhan, journaliste citoyenne, est devenue le 28 décembre la première personne à être condamnée par la Chine pour avoir diffusé des informations sur Wuhan, épicentre du nouveau coronavirus.

Cette dernière a écopé de quatre ans de prison, car ses vidéos, diffusées sur les réseaux sociaux, révélaient le chaos dans les hôpitaux de Wuhan, coupée du monde à partir du 23 janvier 2020, durant 76 jours.

« Selon des sources crédibles, Mme Zhang a été soumise à de la torture et à des mauvais traitements pendant sa détention et son état de santé s’est gravement détérioré. Il est essentiel qu’elle reçoive une assistance médicale adéquate », a indiqué un communiqué des services du chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell.

Ren Quanniu, un de ses avocats, a indiqué à l’AFP qu‘ »elle a paru très abattue quand le jugement a été annoncé ». La terminologie de « provocation aux troubles » est généralement utilisée contre les opposants du pouvoir central. Concrètement, le tribunal lui a reproché d’avoir diffusé de fausses informations sur internet, a indiqué à l’AFP son autre avocat, Zhang Keke.

L’Union européenne réclame sa « libération immédiate », ainsi que celle du défenseur des droits humains Yu Wensheng, avocat condamné à quatre ans de prison le 13 décembre, « sans donner à ses avocats la possibilité de présenter une déclaration de défense conforme à la procédure pénale chinoise », selon ce même communiqué.

L’UE a réitéré les appels à la libération d’autres défenseurs des droits humains détenus ou condamnés : Li Yuhan, Huang Qi, Ge Jueping, Qin Yongmin, Gao Zhisheng, Ilham Tohti, Tashi Wangchuk, Wu Gan, Liu Feiyue, « ainsi que de tous ceux qui se sont livrés à des activités de rapportage dans l’intérêt public. »

Ce communiqué de presse a été publié au lendemain d’une décision des Vingt-Sept d’ouvrir la voie à un accord sur les investissements entre l’Union européenne et la Chine, après des « progrès » dans les négociations sur des engagements de la Chine à combattre le travail forcé.

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Mais « les restrictions à la liberté d’expression et à l’accès à l’information, l’intimidation et la surveillance des journalistes, les détentions, les procès et les condamnations de défenseurs des droits humains, d’avocats et d’intellectuels en Chine se multiplient et continuent d’être une source de grave préoccupation », a indiqué le porte-parole de Josep Borrell.