Après avoir été convoqué par le ministre français des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, l’ambassadeur Lu Shaye a tenu à publier une tribune sur le site internet de l’ambassade, assurant que « l’amitié sino-française défie la distance géographie, elle est plus solide que le roc ».

Des tensions ont émergé entre l’ambassade de Chine en France et le gouvernement français suite à la publication d’une tribune, intitulé «Rétablir des faits distordus: Observations d’un diplomate chinois en poste à Paris». Un diplomate chinois anonyme fustigeait en termes très rudes les américains et les européens pour leurs critiques à l’égard de son pays, au sujet de la gestion de l’épidémie.

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Pour Jean-Yves Le Drian, cette tribune est mal passée. «Certaines prises de position publiques récentes de représentants de l’ambassade de Chine en France ne sont pas conformes à la qualité de la relation bilatérale entre nos deux pays et à la relation de confiance et d’amitié que le Président de la République entretient avec le Président XI Jinping et à celle que j’entretiens avec mon homologue, Wang Yi», a écrit ce dernier sur le site du ministère français des affaires étrangères.

Coopération sanitaire bilatérale

Emmanuel Macron et Xi Jinping france

Dans sa tribune, Lu Shaye assure que « le virus n’a pas de frontière. Le COVID-19, ennemi commun de toute l’humanité, nous rappelle d’une manière extrêmement cruelle qu’à l’ère de la mondialisation, les pays du monde, avec leur destin étroitement lié, partagent heurs et malheurs, et qu’aucun pays ne peut rester en spectateur face aux risques et menaces. Il est impossible de vaincre la pandémie sans une réponse globale, sans une coopération internationale étroite et sans la construction d’une communauté de destin pour l’humanité ».

Rappelant les propos du président chinois Xi Jinping, qui a indiqué que «la Chine et la France ont une belle tradition d’entraide fraternelle dans leurs relations bilatérales». Les deux chefs d’État chinois et français se sont exprimés mutuellement à plusieurs reprises « soutien et confiance par téléphone et par mail », précise Lu Shaye.

D’ailleurs, ce dernier a souligné « la solidarité des divers milieux français : par exemple, le consul général de France à Wuhan, Olivier Guyonvarch, a passé 76 jours en confinement avec les habitants de la ville ; plus de 300 personnalités du monde de la littérature et des arts ont signé une lettre ouverte de solidarité avec le peuple chinois ; 40 acteurs français de comédie musicale ont encouragé la Chine en chantant ‘Nous sommes avec vous’ ; les joueurs du Paris Saint-Germain ont eux porté des maillots spéciaux avec les caractères ‘中国加油’ (‘Bon courage à la Chine’) ».

La Chine a, de son côté, « fait preuve de la même bonne volonté ». Le 18 mars 2020, un don de matériels médicaux a été offert par le gouvernement chinois est arrivé à Paris. Un grand soutien a été accordé pour faciliter l’achat de matériels et d’équipements médicaux en Chine par la partie française ainsi que pour la mise en place du ‘pont aérien’ pour le transport des matériels médicaux », a expliqué l’ambassadeur.

« Depuis le début de l’épidémie, la coopération sino-française dans le secteur de la santé est devenue plus active ». D’ailleurs, le ministre français des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a déclaré à plusieurs reprises que «la France n’adoptera ni ne tolérera aucune mesure discriminatoire, et que pour lutter contre l’épidémie de manière efficace, la solidarité et la coopération internationale doivent être prioritaires sur toute autre considération».

Des points de tension émergent

L’ambassadeur a ainsi cité les « propos déplacés » de l’éditorialiste de BFMTV, Emmanuel Lechypre, lors du deuil national, le 4 avril. Ce dernier « a manqué de respect aux défunts à un moment où toute la Chine commémorait les martyrs et les compatriotes décédés à cause du COVID-19, le public français a laissé des messages de condamnation et a fait part de ses excuses », a assuré le diplomate chinois.

« Après certains propos et actes xénophobes, la mairie de Paris a publié une déclaration pour soutenir le peuple chinois dans la lutte contre l’épidémie et a condamné tous les actes de discrimination contre les personnes d’origine asiatique », a souligné Lu Shaye.

Capture d’écran de la page d’accueil de facebook de Bowdoin Asian Students Association

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Dans la lutte contre le COVID-19, le gouvernement, le monde des affaires et le grand public français ont été en grande majorité amicaux envers la Chine. « Les trois mots que j’ai entendus le plus sont ‘soutien’, ‘confiance’ et ‘coopération’. Pourtant, certains médias, journalistes et soi-disant ‘experts de la Chine’ français ont parfois tenus des propos discordants qui ne doivent pas être pris à la légère ».

Raisons pour lesquelles, « l’ambassade de Chine en France y réagit résolument, en temps opportun, pour rétablir les faits. Ce n’est que de cette manière que les préjugés et les mensonges pourront être évités, que le public français pourra connaître la vraie Chine, et que les relations sino-françaises se consolideront et avanceront plus loin à pas assurés ».

Ce dernier conclut sa tribune en assurant que « nous voulons travailler avec la France afin de mettre pleinement en œuvre le consensus entre les deux chefs d’États, de consolider les relations traditionnellement amicales entre la Chine et la France en luttant conjointement contre l’épidémie, ainsi que de rassembler nos forces pour relever les défis à l’échelle mondiale et bâtir ensemble un monde meilleur ».

A la suite de son entretien avec l’ambassadeur de Chine en France, Jean-Yves Le Drian a indiqué que «nous souhaitons qu’il n’y ait pas de malentendu : la partie chinoise n’a jamais fait de commentaire négatif sur la gestion française de l’épidémie, et n’a aucune intention de le faire». Le ministre français des affaires étrangères a reprit les termes du porte parole du ministère chinois des affaires étrangères, Zhao Lijian.