Trois soldats indiens ont péri dans une «confrontation violente» avec l’armée chinoise sur la frontière disputée au Ladakh (nord de l’Inde), où la tension militaire est montée d’un cran depuis mai entre les deux géants asiatiques.

La Chine a accusé l’Inde d’être responsable de l’incident.

Région du Ladakh, zone conflictuelle sino-indienne

« L’affrontement a eu lieu après que les troupes indiennes ont traversé la frontière pour mener des activités illégales et lancé des attaques provocatrices contre le personnel chinois, entraînant des mesures d’autodéfense physique de la part des troupes chinoises, ce qui auraient causé la mort d’un colonel de l’armée indienne et de deux soldats », a écrit le journal Global Times.

Les troupes chinoises et indiennes sont engagées depuis début mai dans plusieurs face-à-face tendus le long de leur frontière commune, principalement dans la région en haute altitude du Ladakh.

Malgré les tensions sur le terrain, les présidents Xi Jinping et Narendra Modi ont affirmé vouloir «résoudre pacifiquement» par la voie diplomatique.

«Durant le processus de désescalade en cours dans la vallée de Galwan, une confrontation violente s’est produite la nuit dernière et a fait des victimes des deux côtés. Les pertes de vie du côté indien comptent un officier et deux soldats», a déclaré un porte-parole de l’armée indienne.

« Rompant leurs promesses, les troupes indiennes ont de nouveau franchi la ligne de contrôle dans la région de la vallée de Galwan lundi soir et ont délibérément lancé des attaques provocatrices, entraînant de graves affrontements physiques, faisant des victimes », a déclaré le colonel principal Zhang Shuili, porte-parole de l’Armée de libération du peuple chinois.

De son côté, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Zhao Lijian, a déclaré à la presse que «des troupes indiennes ont gravement violé le 15 juin le consensus bilatéral et franchi la frontière à deux reprises, avant de se livrer à des activités illégales et de provoquer et d’attaquer des soldats chinois, avec pour résultat une grave confrontation physique».

Les déclarations faites par Zhao Lijian et Zhang Shuili sont intervenues après l’annonce des médias indiens de la mort d’un colonel de l’armée indienne et deux soldats durant l’affrontement. De plus, les rapports indiens ont également affirmé qu’il y avait eu des victimes chinoises.

C’est la première fois que des militaires meurent dans des affrontements frontaliers entre la Chine et l’Inde depuis 1975, ont indiqué les médias indiens. Citant des sources de l’armée indienne, le journal The Telegraph a indiqué que 34 autres soldats indiens pourraient être portés disparus, morts ou capturés, a rapporté mardi le Telegraph.

Les deux pays tentent de désamorcer la situation

Xi Jinping et Narendra Modi

Des hauts gradés des armées chinoises et indiennes s’entretiennent actuellement sur place pour désamorcer la situation, selon le communiqué de l’armée indienne. Suite à des pourparlers entre des généraux chinois et indiens, il y a une dizaine de jours, un processus de désengagement militaire avait été convenu dans certaines des zones disputées au Ladakh.

Lire aussi : Nouvelle confrontation entre la Chine et l’Inde dans l’Himalaya

«La Chine et l’Inde sont d’accord pour continuer à résoudre les problèmes bilatéraux par le dialogue et la consultation», a affirmé le porte-parole chinois, Zhao Lijian. «Nous appelons une nouvelle fois l’Inde (…) à maîtriser ses troupes frontalières», a-t-il ajouté. «Ne franchissez pas la frontière, ne provoquez pas de troubles», a lancé ce dernier.

Début mai, des coups de poing et de bâtons, ainsi que des jets de pierres avaient opposé des soldats des armées chinoises et indiennes dans la région du Sikkim (est de l’Inde). Les heurts avaient alors fait plusieurs blessés.

Les troupes chinoises avaient alors avancé dans des zones considérées par l’Inde comme situées sur son territoire au Ladakh, poussant New Delhi à envoyer un contingent dans la région.

L’Inde et la Chine ont plusieurs litiges territoriaux de longue date, dans les secteurs du Ladakh et de l’Arunachal Pradesh (est). Le dernier conflit ouvert entre les deux nations date de la guerre-éclair de 1962 dans l’Himalaya, qui avait vu les troupes indiennes rapidement défaites par l’armée chinoise.