Un journaliste de l’Agence France Presse a assuré avoir vu des forces de l’ordre à quelques kilomètres de la frontière de Hong Kong, alors que le président américain Donald Trump a appelé Beijing à agir « avec humanité » face aux manifestations.

« Pékin ne restera pas les bras croisés » si la situation devient « incontrôlable », a averti de son côté jeudi l’ambassadeur de Chine à Londres, Liu Xiaoming.

Après deux mois de contestation à Hong Kong contre la cheffe de l’exécutif pro-Beijing, Carrie Lam, des hommes en treillis étaient rassemblés ce 15 août dans un stade de Shenzhen. Un reporter de l’AFP a également aperçudes camions ainsi que des blindés de transport de troupes.

Les hommes, appartenant selon l’AFP à la police militaire, défilaient en rangs serrés, ou s’entraînaient à la course à pied, alors que d’autres circulaient à moto à l’extérieur du stade. Aucune information n’a été communiqué sur les raisons de leur présence dans ce stade.

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Cependant, depuis plusieurs jours le gouvernement chinois laissé entendre la possibilité d’intervenir afin de rétablir l’ordre dans l’ex-colonie britannique. Face au risque d’intervention, plusieurs personnalités politique occidentales ont appelé Beijing à la retenue, dont le Premier ministre canadien, Justin Trudeau.

Le président américain a lui mis la pression sur la Chine en association la situation à Hong Kong aux négociations commerciales :

« en Chine, des millions d’emplois disparaissent pour aller dans des pays qui ne sont pas sujets aux taxes douanières. Des milliers d’entreprises quittent le pays. Bien sûr que la Chine veut passer un accord (avec les Etats-Unis, ndlr). Qu’ils travaillent avec humanité avec Hong Kong d’abord! ».

Peu après, dans un autre tweet, il a assuré que le président Xi Jinping pourrait faire preuve de cette humanité, souhaitant une « rencontre en personne ». « Je n’ai aucun doute que si le président Xi veut résoudre rapidement et avec humanité le problème à Hong Kong, il peut le faire », a estimé Donald Trump, ajoutant « Rencontre en personne? ».

Quelques heures plutôt, un porte-parole de la diplomatie américaine avait appelé Beijing à « respecter le haut degré d’autonomie » de l’ex-colonie britannique.

« Les Etats-Unis exhortent fermement Pékin à respecter ses engagements contenus dans la déclaration conjointe sino-britannique afin de permettre à Hong Kong d’exercer un haut degré d’autonomie », a-t-il indiqué dans une déclaration, qui s’apparente à un avertissement net et détaillé à la CHine.

Liu Xiaoming a déclaré « je tiens à répéter que Hong Kong fait partie de la Chine. Aucun pays étranger ne doit s’ingérer (…) Nous demandons aux puissances étrangères de respecter la souveraineté chinoise ».

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, s’est dit « profondément attachée au respect intégral » des garanties apportées par ce statut d’autonomie de Hong Kong.

En effet, la déclaration sino-britannique de 1984, encadrant la rétrocession de Hong Kong intervenue en 1997, stipule que la région bénéficie « d’un haut degré d’autonomie, hormis en matière d’affaires étrangères et de défense », et de son propre système judiciaire, législatif et exécutif.