Le président français Emmanuel Macron a estimé le 16 avril qu’il existait des zones d’ombre dans la gestion de l’épidémie de coronavirus par la Chine, déclarant qu’il y avait « manifestement des choses qui se sont passées qu’on ne sait pas ».

« N’ayons pas une espèce de naïveté qui consiste à dire que (la gestion de l’épidémie par la Chine, NDLR) c’est beaucoup plus fort. On ne sait pas. Et même, il y a manifestement des choses qui se sont passées qu’on ne sait pas », dit le président français dans une interview parue le 16 avril au Financial Times.

Les propos d’Emmanuel Macron sur la gestion de la crise par la Chine rejoignent les doutes exprimés par Londres et Washington. Le Royaume-Uni vient d’avertir le 16 avril la Chine qu’elle devrait répondre à des « questions difficiles sur l’apparition du virus, et pourquoi il n’a pas été stoppé plus tôt ».

L’administration Trump a de son côté accusé Pékin d’avoir « dissimulé » la gravité de l’épidémie à son début en Chine, et a gelé mardi la contribution financière américaine au fonctionnement de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), lui reprochant de s’être alignée sur les positions chinoises.

A lire aussi : Pour Washington, le coronavirus provient d’un laboratoire de Wuhan

La Russie est à son tour intervenue, pour prendre la défense la Chine. Le président russe Vladimir Poutine a qualifié, au cours d’une conversation avec son homologue chinois Xi Jinping, de « contreproductives » les accusations visant Pékin, soupçonné de désinformation sur le nouveau coronavirus, apparu en Chine.

Lors d’un point presse, Zhao Lijian, porte-parole de la diplomatie chinoise, a assuré qu’il «est impératif que tous les pays s’unissent pour combattre l’épidémie et gagner la guerre» contre le covid-19. Il a jugé «inutile» d’argumenter sur les avantages et inconvénients des différents systèmes politiques.

Le gouvernement chinois a également démenti ce 17 avril toute «dissimulation» dans le bilan du Covid-19, après une augmentation du nombre de décès comptabilisés.

A lire aussi :  Le bilan du coronavirus revue à la hausse

«Il n’y a jamais eu aucune dissimulation et nous n’autoriserons jamais aucune dissimulation», a assuré le porte-parole, ajoutant qu’il a été reconnu «des retards, des omissions et des imprécisions» dans l’enregistrement des décès au début de l’épidémie, du fait de l’engorgement des hôpitaux. Mais «la réponse de la Chine à l’épidémie est irréprochable», a-t-il insisté.