Le silence autour des violences domestiques a été brisé pour la première fois lors de la diffusion de la série télévise «Don’t Respond To Strangers» («Ne parle pas aux inconnus»), qui évoquait les violences au sein d’une famille, a expliqué la militante féministe sur Amnesty International, Lu Pin.

Cette production commerciale a été un succès, toute en intégrant dans son intrigue plusieurs suggestions faites par des organisations de défense des droits des femmes. «La série levait les tabous et a permis de délier les langues au sujet de la violence domestique au sein de la société chinoise», a indiqué Lu Pin.

Après le succès de cette série, le Réseau contre les violences domestiques de l’Association des juristes de Chine a produit la première affiche publicitaire contre la violence domestique en 2002.

Au printemps 2003, une action audacieuse a été organisée, avec une participation publique restreinte : «nous avons tenté de proposer un projet de loi contre la violence domestique, afin que le gouvernement s’en empare».

Lors de la présentation de l’action aux journalistes, venus en nombre dans la capitale, plusieurs informations sur les violences conjugales leur ont été remises, dont le projet de loi : l’un des tout premiers textes de loi rédigés par la société civile.

Accueilli avec «un certain intérêt, il n’a pas créé la sensation que nous espérions et n’a pas été inscrit à l’ordre du jour législatif du gouvernement. En 2003, le ‘timing’ n’était pas encore ‘mûr’, mais l’évolution de la société était déjà en marche».

Deux ans plus tard, CCTV a diffusé un documentaire inédit sur les femmes incarcérées pour avoir tué leur époux violent. Les grands médias ont joué

«un rôle important pour renverser la tendance en matière de violence au foyer, mais le mérite en revient avant tout (…) aux militants engagés et aux organisations qui défendent les droits des femmes. Ces campagnes ont permis, au fil des ans, de transformer radicalement l’opinion publique».

Les grands médias ont joué un rôle important pour renverser la tendance en matière de violence au foyer, mais le mérite en revient avant tout au travail de pression et de campagne mené sans relâche par les militants engagés et les organisations qui défendent les droits des femmes.

Focus. Loi sur la violence domestique, quel bilan 2 ans après ?