Jack Ma, président et co-fondateur de la société d’e-commerce Alibaba, a annoncé son départ en retraite à compter du 10 septembre, jour de ses 54 ans, dans une interview au quotidien américain, The New York Times.

Mettant de côté son poste de « président exécutif« , il assure que ce n’est pas la fin « mais le début d’une ère ». Jack Ma est selon l’agence Bloomberg la 19ème fortune mondiale, avec un pactole évalué à 40 milliards de dollars.

L’homme le plus riche de Chine, qui a co-fondé en 1999 Alibaba, est devenu un géant de la technologie. Son groupe domine le commerce électronique en Chine, mais est aussi présent dans l’informatique en nuage (« cloud »), le cinéma et la finance, concurrençant des colosses américains Amazon, eBay et Google.

Récemment, la société s’est lancé dans le service de paiement électronique mobile Alipay, devenu omniprésent en Chine. D’après les analystes, Jack Ma a contribué à transformer le mode de consommation des chinois ainsi que les façons de payer.

Ce dernier souhaite désormais se consacrer à des projets philanthropiques dans l’éducation, tout en conseillant le groupe, a-t-il précisé au New York Times.

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Le milliardaire a annoncé sa retraite sans aucun communiqué officiel de l’entreprise, bien qu’il possède le journal hongkongais South China Morning Post. Son départ n’est pas une surprise car il avait laissé entendre ces derniers jours qu’il comptait quitter l’entreprise.

Dans un entretien à Bloomberg TV, il indiquait vouloir suivre les pas du fondateur de Microsoft, Bill Gates. Ce dernier s’est retiré des affaires pour devenir l’un des plus généreux philanthropes du globe, via sa Fondation Gates.

« Je peux beaucoup apprendre de lui. Je ne pourrai jamais être aussi riche, mais je peux prendre ma retraite plus tôt (…) Bientôt, je retournerai à l’enseignement », a-t-il indiqué. A l’instar du couple Gates, Jack Ma a créé en 2014 une fondation à son nom, en vue de soutenir l’éducation des enfants dans les campagnes chinoises. Toutefois, ce départ prématuré est exceptionnel dans les milieux d’affaires chinois.

En effet, la notion de philanthropie est toute nouvelle, les grands patrons restent généralement de longues années à la tête de leur entreprise, comme le magnat hongkongais de l’immobilier Li Ka-shing. Il est retraité depuis mai 2018, à l’âge de 89 ans.

Une succession travaillée

Jack Ma prépare sa succession depuis 2013, laissant son poste de directeur général à Jonathan Lu, puis Daniel Zhang. Jack Ma avait conservé la casquette de président, chargé de la direction stratégique.

A contrario de son concurrent dans l’e-commerce, JD.com, Jack Ma a préparé son entreprise à son absence. Contraste est flagrant avec son grand concurrent, dont les récents déboires de son PDG Richard Liu, arrêté pour viol aux Etats-Unis, a montré les limites la société, qui n’a pas de numéro deux pour le couvrir.

Interrogé par Reuters, Jackson Wong, analyste du courtier Huarong International, a expliqué que le départ de Jack Ma « paraît un peu précipité », mais cela montre aussi « sa confiance » dans les autres dirigeants d’Alibaba, . « Pour autant, sa retraite affectera assurément l’image d’Alibaba, dont il était indissociable », un impact encore difficile à évaluer, indique-t-il à l’AFP.

Jack Ma laisse un groupe diversifié de près de 85.000 employés, avec un chiffre d’affaires annuel de 40 milliards de dollars, et des plateformes d’e-commerce Taobao et Tmall qui contrôlent 60% du marché chinois.