« L’affirmation selon laquelle la Chine n’a pas fourni les données originales pour l’étude des origines du nouveau coronavirus ne tient pas la route », a déclaré Liang Wannian, chef de la mission chinoise au sein de l’équipe OMS-Chine, qui étudie les origines du COVID-19.

Ce dernier a expliqué que « des experts chinois et étrangers ont effectué ensemble des recherches et des analyses à Wuhan, et il n’existe aucune différence entre les informations détenues par les experts chinois et étrangers. Les experts chinois et étrangers ont travaillé en étroite collaboration au cours de leurs recherches ».

Toutefois, Liang Wannian (image ci-contre) a indiqué que « d’après la loi chinoise, certaines données ne peuvent être emportées ou photographiées », notamment certaines données concernant la vie privée des patients, bien qu’elles avaient été mises à disposition de toute l’équipe lors de leur enquête sur place.

De plus, concernant la publication du rapport, ce dernier a indiqué que « le rapport ne pouvait être publié qu’après avoir été conjointement reconnu par les deux parties de l’équipe conjointe d’experts ».

La Chine a donc rejeté les accusations selon lesquelles elle a dissimulé des données brutes aux experts internationaux venus enquêter en Chine sur l’origine du nouveau coronavirus, affirmant que le partage de données tout au long de la mission convoquée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) avait été approfondi et complet.

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Un même accès aux données

Liang Wannian, également professeur à l’Université Tsinghua, a assuré que les experts chinois et étrangers avaient eu le même accès aux données et que leur enquête à Wuhan, dans la province du Hubei (centre), de fin janvier à début février avait été «étroitement intégrée».

«Il n’y a aucune différence entre ce que nous avons obtenu et ce que les membres de l’équipe étrangère ont eu sous la main», a-t-il avancé lors d’une conférence de presse à Beijing. «L’hypothèse selon laquelle la Chine n’a pas partagé de données brutes est infondée».

De son côté, la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Hua Chunying, a déclaré qu’après la formulation en juillet d’un plan de travail guidant la mission d’enquête entre la Chine et l’OMS, des centaines de scientifiques nationaux ont consacré tous leurs efforts à la collecte, à l’organisation et à l’analyse initiale des données sur la base des conseils avancés par des experts internationaux.

«Chaque élément de données brutes qui méritait une attention particulière a été mis à la disposition des experts internationaux participant à la mission», a-t-elle affirmé, ajoutant qu’«ils ont indiqué à plusieurs reprises avoir eu des discussions approfondies et franches avec la partie chinoise sur la question des données».

Liang Wannian a assuré que « les travaux préliminaires d’agrégation et d’analyse des données entrepris par les chercheurs chinois sont nécessaires car la quantité de données originales aurait pu être écrasante ».

«Il est irréaliste et inutile du point de vue d’un scientifique de parcourir chaque entrée dans les enregistrements originaux», a-t-il déclaré, attestant que «nous devons d’abord établir une base de données qui puisse être examinée plus en détail».

« Le rapport résistera à l’épreuve de l’histoire »

«Le rapport résistera à l’épreuve de l’histoire», a avancé Liang Wannian, chef de la mission chinoise au sein de l’équipe OMS-Chine, ajoutant que «l’équipe est convaincue que le rapport est basé sur tous les documents et preuves disponibles».

Conférence de presse concernant la fin de la mission des experts de l’OMS sur l’origine du Covid-19

Le rapport indique que le virus est très probablement passé d’un animal, potentiellement une chauve-souris ou un pangolin, à l’homme via une espèce intermédiaire. Le document atteste que la théorie selon laquelle le virus proviendrait d’un laboratoire était «extrêmement improbable».

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La transmission directe de l’animal à l’homme a été jugée possible, tandis que la propagation du virus via la logistique de la chaîne du froid a été jugée possible, mais très peu probable.

Liang Wannian a expliqué que la recherche de l’origine du nouveau coronavirus était un travail en cours et devrait être un effort mondial. D’ailleurs, le rapport a préconisé de créer une base de données mondiale intégrant des informations, telles que le séquençage du génome, l’épidémiologie, ainsi que les données de surveillance animale et environnementale.

Le rapport de la mission de l’OMS en Chine a proposé d’élargir la portée de la recherche à d’éventuelles infections précoces ainsi qu’aux hôtes animaux potentiels du virus à travers le monde. Le rôle de la chaîne du froid et des produits surgelés dans l’aide à la transmission a également été considéré comme intéressant à explorer, bien que très peu probable.

«Identifier l’origine du virus est extrêmement compliqué, car l’introduction d’un agent pathogène dans la population humaine est un événement hautement accidentel», a le chef de la délégation chinoise au sein de l’OMS, ajoutant que les taux élevés de cas asymptomatiques de Covid-19 avaient aggravé les difficultés.

L’enquête de l’OMS doit sortir de la Chine

«Le premier cas signalé à Wuhan date du 8 décembre 2019. Mais ce cas n’est pas forcément le patient zéro que nous recherchons», a avancé le scientifique, qui atteste que «les scientifiques sont parvenus à un consensus sur le fait que la région qui avait signalé le premier cas n’était pas nécessairement celle où le virus est apparu pour la première fois».

Désormais, les chinois se demande si davantage d’équipes d’enquête sur l’origine du virus devaient être envoyées en Chine, et devrait être déterminée par des évaluations pratiques et scientifiques.

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«Il est faux de croire que le travail de recherche de l’origine devrait être limité à la Chine. Nous devons poursuivre une perspective plus large», a-t-il déclaré, ajoutant qu’«il est clair que les scientifiques et le gouvernement chinois sont prêts à contribuer davantage à la recherche de l’origine du virus à l’avenir».

Concernant la remise en cause des résultats du rapport de l’OMS par certains pays occidentaux, Liang Wannian a soutenu qu’une «attitude scientifique avait toujours prévalu lorsque les membres de l’équipe de la mission se sont retrouvés à débattre durant les visites sur place ou lors de la formulation du rapport final».

«Les experts chinois et internationaux ont pu parvenir à un consensus en argumentant, dans le but commun d’examiner davantage de preuves et d’améliorer la recherche», a affirmé ce dernier, qui a assuré que «le rapport a été retardé parce que nous nous efforcions de garantir sa haute qualité, de le rendre plus fondé sur la science et plus complet».

La porte-parole du ministère des Affaires étrangères Hua Chunying a dénoncé l’accusation selon laquelle le gouvernement chinois était intervenu dans la mission conjointe, la qualifiant de «sans fondement et profondément irresponsable». «Toutes les parties devraient respecter la science et respecter les conclusions et suggestions avancées par les scientifiques», a-t-elle déclaré.