La Chine dépose plainte à l’OMC contre l’Australie

par | Juin 26, 2021 | MONDE, Océanie

 La Chine a lancé une procédure auprès de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) contre des mesures anti-dumping prises par l’Australie à l’encontre de ses exportations d’éoliennes et d’autres produits manufacturés, a déclaré le ministère chinois du Commerce.

Quelques jours auparavant, l’Australie avait fait la même démarche en réponse à des surtaxes douanières sur le vin australien décrétées par la Chine. Outre les taxes sur ses éoliennes, le ministère chinois du Commerce vise les mesures australiennes contre ses exportations de roues de train et d’éviers en métal, prises respectivement en 2019 et 2020, selon Gao Feng, le porte-parole du ministère chinois du commerce.

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Ce dernier a indiqué qu’«il s’agit de défendre les droits et intérêts légitimes des entreprises chinoises […et] nous espérons que l’Australie prendra des mesures concrètes pour corriger ses mauvaises pratiques».

« La Chine s’oppose à l’abus de mesures commerciales car cela porte non seulement atteinte aux droits légitimes des entreprises chinoises, mais aussi à la solennité et à l’autorité des règles de l’OMC », a déclaré Gao Feng, porte-parole du ministère.

En déposant cette procédure, la Chine espère protéger à la fois les droits des entreprises chinoises ainsi que l’autorité et l’efficacité du mécanisme commercial multilatéral et de l’OMC, a expliqué le porte-parole.

Gao Feng a appelé à un «retour à la normale le plus rapidement possible. La Chine espère que l’Australie prendra des mesures concrètes pour corriger les mauvaises décisions, éviter les distorsions commerciales et remettre sur les rails les activités commerciales connexes».

Le ministre australien du Commerce, Dan Tehan, interrogé le jour de l’annonce de la procédure de la Chine à Canberra par des journalistes, a déclaré que l’Australie va «défendre vigoureusement les mesures mises en place».

Il a ajouté que Canberra cherche «une relation constructive avec le gouvernement chinois», mais que les mesures anti-dumping visant les exportations chinoises avaient été décidées «après une analyse rigoureuse».

Les relations entre la Chine et l’Australie sont tendues depuis plus d’une année, après des appels de Canberra à une enquête sur les origines de l’épidémie de coronavirus qui a débuté en Chine fin 2019.

Dans le cadre de ce conflit, la Chine a imposé des sanctions économiques sur une série de produits australiens, dont des droits de douane sur des produits agricoles, le charbon ou les vins, avec des droits de douane allant jusqu’à 218% infligés en novembre 2020.

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De son côté, l’Australie était jusqu’aux tensions commerciales le premier exportateur de vins vers la Chine. Mais les mesures de rétorsion de la Chine lui ont quasiment fermé ce marché d’exportation qui était son premier débouché et où ses ventes se sont effondrées, passant de 1,1 milliard de dollars australiens (730 millions d’euros) à 20 millions de dollars australiens (12,7 millions d’euros), d’après des chiffres «officiels» cités par l’agence Reuters.

La Chine taxe les vins australiens

Du point de vue de la Chine, les taxes dissuasives appliquées aux importations de vins australiens ont été décidées en réponse à la demande de l’industrie vinicole de la Chine. Le ministère du commerce chinois, a ouvert une enquête sur les vins importés d’Australie en août 2020 et a conclu à des pratiques de dumping portant un préjudice aux viticulteurs chinois.

La plainte australienne devant l’OMC concernant les vins avait été déposée après des avertissements du Premier ministre, Scott Morrison, sur la volonté de son gouvernement de répondre à tous les pays qui tenteraient de faire usage de «coercition économique» à son encontre.

Elle intervenait aussi après un sommet des sept pays les plus industrialisés, le G7, au Royaume-Uni où l’Australie avait plaidé en faveur d’une attitude plus ferme à l’égard des pratiques commerciales de la Chine.

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De son côté, l’administration Biden s’en est prise à l’industrie de la Chine de l’énergie solaire en imposant des restrictions au commerce avec la société chinoise Hoshine Silicon Industry Co. en raison, selon «deux sources informées» citées par l’agence de presse Reuters d’allégations de travail forcé en Chine.

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Le département américain du Commerce a restreint séparément les exportations de composants produits aux Etats-Unis vers trois autres sociétés chinoises, dont le Xinjiang Production and Construction Corps (XPCC), également accusées, selon les mêmes sources, d’être impliquées dans le «travail forcé des Ouïghours et d’autres groupes minoritaires musulmans au Xinjiang».

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