Plusieurs pays abandonnent aujourd’hui leur objectif de réduire autant que possible la propagation du nouveau coronavirus, mais des preuves montrent qu’il s’agit de la meilleure méthode à suivre, a estimé le magazine New Scientist dans un article paru le 30 mars sur son site.

Depuis deux ans que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a classé la Covid-19 comme pandémie. L’un des plus grands changements a été l’abandon de la stratégie « zéro COVID » par des pays tels que la Nouvelle-Zélande et le Vietnam, lesquels rouvrent leurs portes et permettent au virus de se propager.

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D’après les auteurs du magazine New Scientist, « certains pensent que toutes les nations auraient dû poursuivre une stratégie zéro covid, en supprimant autant que possible la propagation du virus et idéalement en l’éradiquant, comme l’ont fait des endroits comme l’Australie, l’Islande et la Corée du Sud pendant une grande partie des deux dernières années ».

« L’autre camp affirme que les efforts pour arrêter le virus ont souvent fait plus de mal que de bien et que nous aurions dû le laisser aller dès le départ ».

Le Royaume-Uni a sans doute suivi une voie médiane pendant la majeure partie des deux dernières années, mais en janvier, il est passé à l’approche du laisser-aller, permettant au virus de se propager plus ou moins sans entrave. Dernièrement, d’autres pays ont emboîté le pas, même l’Australie et l’Islande.

Ainsi, « l’article juge qu’il est tentant de penser que cette approche était une erreur et que la stratégie de pays tels que le Royaume-Uni l’a emporté. Mais ça n’a pas de sens », a écrit Michael Marshall.

Des pays ayant suivi la stratégie « zéro COVID » ont obtenu des résultats dans tous les domaines, du taux de mortalité à la croissance économique, note le magazine.

L’avantage le plus évident est que beaucoup moins de gens meurent, selon lui. En date du 18 mars, la Nouvelle-Zélande a enregistré 151 décès confirmés dus à la COVID-19, soit 0,003% de sa population, bien que le virus se soit plusieurs fois introduit dans le pays. En revanche, plus de 164.000 décès ont été enregistrés au Royaume-Uni, soit 0,24% de sa population.

Les politiques « zéro COVID » causent également moins de dégâts économiques, poursuit l’article. Lorsque le virus circule à peine, les gens se sentent en confiance pour sortir, de sorte que l’économie peut rouvrir plus complètement.

Un confinement précoce a un coût économique, mais de nombreux pays ayant laissé le virus se propager ont eux aussi recouru à de tels confinements pour sauver leur système de santé et ont donc payé les mêmes coûts, et leurs confinements ont souvent été plus longs, ajoute le magazine.

« Si l’objectif ‘zéro COVID’ est aujourd’hui abandonné, cela signifie-t-il qu’il a été un échec? Une réponse grossière serait : seulement si vous pensez que sauver des vies et préserver la croissance économique constitue un faux pas », a conclut le New Scientist.