Alors que Boris Johnson est devenu le nouveau Premier ministre du Royaume-Uni, le 25 juillet, il devra faire face à des relations très tendue avec la Chine.

D’après les analystes interrogés par l’agence de presse Xinhua « les relations avec la Chine se sont refroidies avec l’ingérence du Royaume-Uni dans les affaires de Hong-Kong ».

En effet, le 1er juillet, le secrétaire britannique aux Affaires étrangères, Jeremy Hunt, a appelé la Chine à ne pas utiliser les manifestations à Hong-Kong comme un «prétexte pour la répression».
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En effet, depuis plusieurs semaines Hong Kong est le théâtre de larges manifestations anti-gouvernementales, dont certaines ont été particulièrement violentes.

Des affrontements graves ont eu lieu entre les manifestants et la police. Ce mouvement de contestation est partie du projet de loi d’extradition vers la Chine de personnes suspectées de délits criminels par la justice chinoise.

Le Royaume-Uni a rétrocédé Hong Kong à la Chine en 1997, « après plus de 150 ans de pouvoir colonial », note l’agence de presse chinoise, ajoutant que « Londres semble garder un œil sur son ancienne colonie et s’est permis d’interférer dans la gouvernance de Hong Kong par le gouvernement central de Chine ».

Le nouveau Premier ministre, Boris Johnson, a d’ailleurs eu des paroles dures à l’égard du gouvernement chinois sur cette affaire. Le 1er juillet, des centaines de manifestants ont envahi le Conseil législatif de Hong Kong pour l’anniversaire de la rétrocession.

Le ministère des Affaires étrangères de Chine a de suite condamné cet acte, le décrivant comme «une activité illégale grave bafouant l’Etat de droit et sapant l’ordre social». Mais dans une interview à l’agence de presse Reuters, Boris Johnson a déclaré, qu’il soutenait les manifestants, qu’il les défendrait «avec joie» et qu’il les aiderait «en tout point».

Le ministère chinois des Affaires étrangères et le Bureau de liaison du gouvernement central à Hong Kong ont alors condamné ses propos et l’ingérence britannique dans les affaires hongkongaises.

He Zhigao, un chercheur de l’Institut des études européennes affilié à l’Académie des sciences sociales de Chine (ASSC) à Beijing, a expliqué que « l’attitude du Royaume-Uni envers Hong Kong est le résultat d’une mentalité colonialiste, ainsi que de l’arrogance et de l’ingérence occidentale ».

Malgré les relations commerciales privilégiées sino-britanniques et le fait que le Royaume-Uni a été le premier pays à rejoindre la Banque asiatique d’investissement dans les infrastructures (AIIB), cet «âge d’or» des relations bilatérales entre les deux pays, qui avait été lancé sous l’ancien Premier ministre David Cameron et poursuivi par Theresa May, pourrait s’effriter.

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«La position du Royaume-Uni a nui au consensus entre les gouvernements chinois et britannique sur Hong-Kong, et brisé les fondations d’une confiance mutuelle. […] Le nouveau Premier ministre doit respecter la Déclaration conjointe sino-britannique de 1984 et faire de Hong-Kong un pont — plutôt qu’une entrave — pour les liens sino-britanniques»

He Zhigao

Pour Wang Zhanpeng, un professeur du Centre d’études britanniques de l’Université des études étrangères de Beijing, «le Royaume-Uni est bon [pour trouver] un équilibre diplomatique. Même si Boris Johnson est perçu comme pro-américain, il attache une grande importance aux intérêts pragmatiques. […] Il mènera le Royaume-Uni à continuer à travailler avec la Chine dans des secteurs, comme la finance et les services».

D’après cet universitaire, «si le Royaume-Uni quitte l’Union européenne, il pourrait y avoir une marge de manœuvre pour commencer les négociations en vue d’un accord de libre-échange sino-britannique».