Présidé par Hor Manhong, vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères du Cambodge, le 19ème Forum régional de l’ASEAN s’est ouvert le 12 juillet à Phnom Penh, au Cambodge.

Les débats ont lieu dans un contexte tendu, en raison des problèmes de sécurité régionale. Raison pour laquelle l’ensemble des pays participants souhaitent mettre en place des mesures de coopération destiné à renforcer la paix et la sécurité dans la région.

Les ministres des Affaires étrangères et représentants de 27 pays, ainsi que le secrétaire général de l’Association des nations d’Asie du sud-est, Surin Pitsuwan, ont débattu durant deux jours des mesures à mettre en place afin de répondre aux urgences sécuritaires.

Les conflits territoriaux au cœur des débats

A la clôture, le 13 juillet, les pays du sud-est asiatique se sont séparés sur un échec, en raison de leurs désaccords sur la façon de gérer les conflits territoriaux avec la Chine.

Le contentieux autour de plusieurs îles en mer de Chine méridionale aura plombé les négociations entre les 27 pays participant à ce forum. L’Empire du milieu revendique une souveraineté sur une vaste zone, également revendiqué par les Philippines et le Viêtnam.

Membre de l'ASEANSans oublier, les conflits avec le Japon concernant les îles Diaoyu/Sensaku, et d’autres zones de la région défendues par Taïwan,

Pour la première fois en 45 ans d’existence, cette réunion s’est terminée sans déclaration commune. En effet, les dix États membres se sont opposés à l’agressivité de la Chine dans ces eaux riches en hydrocarbures, où un affrontement militaire est aujourd’hui craint par la communauté asiatique.

Le ministre philippin des Affaires étrangères, Albert del Rosario, a déclaré au cours d’une conférence de presse à Manille que l’intrusion en territoire philippin d’un « État membre » s’inscrivait dans une tactique d' »imposition progressive » des prétentions de cet État sur l’ensemble de la mer de Chine méridionale.

Les Philippines ont regretté l’échec de ce forum mais l’ont attribué au Cambodge, allié de la Chine, qui aurait fait obstruction et se serait « constamment opposé à toute mention de l’atoll de Scarborough », a indiqué à l’AFP, le secrétaire général de l’ASEAN, Surin Pitsuwan.

Des perspectives compliquées

Ces divisions sont de mauvaises augures car l’Association des nations d’Asie du sud-est (ASEAN) veut créer d’ici 2015, une communauté économique régionale sans frontières pour le commerce, l’emploi et les marchés financiers, dans le but de rivaliser avec la Chine, bien que ce soit elle qui pourrait en tirer le plus profit.

Les revendications par plusieurs pays, dont la Malaisie, Brunei et Taïwan, de certaines zones de Chine méridionale posent de sérieuses contraintes dans les échanges futures dans tous les domaines.

Ces contraintes devraient s’accentuer avec l’évolution stratégique affichée des États-Unis, qui comptent renforcer son implication en Asie, incitant les Philippines et le Vietnam à mener le rapport de force contre la Chine.

En présence des ministres des Affaires étrangères de l’ASEAN, la secrétaire d’État américaine Hillary Clinton a plaidé pour une avancée du « code de conduite« , que l’ASEAN affirme vouloir publier d’ici fin 2012.

L’objectif est de gérer les nombreux conflits de souveraineté sur les îles de mer de Chine méridionale, au moment ou les incidents diplomatiques se succèdent. De son côté, la Chine préfère une approche bilatérale de ces différends frontaliers et réitère ses intentions de négocier sur le code qu’au « moment opportun ».

Face à l’échec des négociations, chaque pays tente de préserver ses intérêts dans la zone géographiques, car plus de 80% de l’approvisionnement en pétrole du Japon, de la Corée du Sud et de la Chine passent par cette mer, de même qu’une grande partie des exportations régionales.