Les échanges entre la Chine et les pays de l’ASEAN ont chuté au 1er trimestre 2016, certains estiment qu’il s’agit des conséquences des différents en mer de Chine méridionale, Beijing réfute et évoquent l’importance de la coopération économique dans le contexte actuel.

Selon les chiffres du Bureau national des statistiques, le commerce entre la Chine et les pays de l’ASEAN a chuté de 8,1% sur le 1er semestre 2016. De leurs côtés, les investissements directs étrangers des membres de l’association en Chine ont également chuté de 57% en juin, par rapport à la même période l’an dernier.

« Ces chiffres présentent un contraste saisissant avec la croissance dans le commerce et les investissements bilatéraux de ces dernières années« , précise le Centre d’Informations Internet de Chine (CCIC).

Ce dernier précise que les échanges commerciaux de la Chine avec les membres de l’ASEAN sont passés de seulement 7,96 milliards de dollars (7 milliards d’euros environ) en 1991 à 472,16 milliards de dollars (428,4 milliards d’euros) en 2015, enregistrant une croissance annuelle moyenne de 18,5 %.

Pour le CIIC, « il serait faux d’attribuer ce refroidissement dans les liens économiques entre la Chine et l’ASEAN uniquement à l’escalade du différend en mer de Chine méridionale, mais de nouveaux signaux dans ces relations méritent l’attention« .

Discorde au sein de l’ASEAN

Toutefois, de nombreux médias internationaux ont fait état de la difficulté pour les pays du Sud-Est asiatique de se situer par rapport au conflit territorial entre la Chine et certains d’entre eux.

D »autant que Beijing maintient la pression dans les médias et auprès de ces partenaires  créant « la discorde au sein d’un forum régional qui se tient au Laos« , selon l’Agence France Presse.

Membre de l'ASEANDe plus, sur les 10 membres de l’Association des nations du Sud-Est asiatique (Asean), les Philippines, le Vietnam, le Brunei et la Malaisie ont des prétentions territoriales, à l’instar de la Chine.

Plusieurs pays, dont le Laos et le Cambodge, ont fait part de leur soutien à Beijing, en évoquant la nécessité du dialogue pour résoudre les différents.

Toutefois, selon Associated Press, la Chine allouerait près de 600 millions de dollars (522millions d’euros) au Cambodge pour soutenir les élections, la construction d’infrastructures, l’éducation et la santé du pays.

Mais « en échange, le Cambodge soutient la Chine dans les affaires internationales, y compris le différend actuel entre Beijing et d’autres pays de l’Asie du sud-est sur la mer de Chine méridionale« .

Une accusation rapidement réfutée par le porte-parole du ministère  chinois des affaires étrangères, Lu Kang, assurant que « l’aide chinoise envers le Cambodge n’était assortie d’aucune condition politique ».

Maintenir les liens

De son côté, le CCIC a affirmé que « les échanges économiques fréquents constituent la base pour la stabilité des relations entre la Chine et l’ASEAN. Vraisemblablement, la stabilité des liens économiques avec la Chine constitue l’une des raisons pour lesquelles, certains pays ont adopté une position prudente et équilibrée face à ce différend en mer de Chine méridionale, et ne se sont pas rangés du côté des Philippines« .

De droite à gauche, les dirigeants : Philippines, Singapour, Thaïlande, Vietnam, Malaisie, Laos, Brunei, Cambodge, Indonésie et Myanmar

De droite à gauche, les dirigeants : Philippines, Singapour, Thaïlande, Vietnam, Malaisie, Laos, Brunei, Cambodge, Indonésie et Myanmar

Toutefois, en juin, suite à la réunion des ministres de l’ASEAN, ces derniers se sont dits préoccupés par « l’évolution récente et actuelle, qui a érodé la confiance, renforcé les tensions et qui est susceptible de compromettre la paix, la sécurité et la stabilité en mer de Chine méridionale ». 

Un communiqué inhabituel de la part des dirigeants de l’ASEAN, plutôt mesurés face à la Chine. D’ailleurs, 4 heures plus tard, la Malaisie a annoncé le retrait du communiqué commun, évoquant plus tard la volonté commune de « maintenir et promouvoir la paix, la sécurité et la stabilité dans la région ».

« Des sources diplomatiques ont accusé le Cambodge de saper les efforts pour réagir au jugement de la CPA« , le 12 juillet, commente l’AFP, qui cite un diplomate anonyme affirmant que « nous devons mettre notre maison en ordre« , « mais nous ne sommes toujours d’accord sur rien ».