Offert aux officiels étrangers depuis le 7ème siècle, le panda géant est le symbole des intentions pacifiques de la Chine mais également, l’une des espèces les plus menacées de la planète.

Cette pratique est donc utilisée afin d’entamer des relations diplomatiques avec un nouveau pays ou afin d’améliorer celles déjà existantes. Déjà utilisée sous la dynastie Tang (618 – 907), cette diplomatie a connu son apogée sous la Chine maoïste.

L’expression «diplomatie du panda» a prit naissance en 1949, lors de la proclamation de la République populaire de Chine.  «Trésor national» était en voie de disparition. Raison pour laquelle le panda, même s’il est un cadeau qui ne se refuse pas, sont utilisation a officiellement cessé en 1984 et a été remplacée par des prêts à long terme accordés à des zoos étrangers.

L’ambassadeur ultime des chinois

Les pandas sont considérés comme des ambassadeurs de bonne volonté, cependant, l’espèce est menacée depuis les années 1980. L’histoire raconte que l’impératrice Wu Zetian, après son intronisation au pouvoir en 690, ait décidé d’offrir aux diplomates étrangers un ou plusieurs pandas en gage d’amitié entre leurs pays.

Le couple « Wangwang » et « Funi » a été envoyé en Australie pour rejoindre le zoo d’Adélaïde, dans un habitat identique à celui qu’ils avaient au centre Wolong dans la province du Sichuan. Le couple Bing Xing et Hua Zui Ba, a lui été envoyé à Madrid pour vivre dans un enclos de 1 100 mètres carré, climatisé et ressemblant à une pagode. Hao Hao et Xing Hui ont été accueillis le 23 février 2014 par le Premier Ministre belge Elio Di Rupo, et hébergés depuis au parc animalier Pairi Daiza.

Er Shun et Ji Li sont hébergés aux zoos de Toronto et Calgary depuis 2013, tandis que Ling Ling, aujourd’hui décédé, a été le dernier panda offert en cadeau au Japon. Les autres pandas présents au Japon sont désormais des prêts.

Lors d’une conférence de presse quotidienne en septembre 2007, qui annonçait l’envoie des deux animaux en Australie, Cao Qingyao porte parole de l’administration forestière chinoise a déclaré que, dorénavant, aucun panda ne serait offert aux pays étrangers.

L’intention du gouvernement chinois est alors de travailler en collaboration avec les zoos internationaux et de ne plus donner de pandas mais plutôt de les prêter pour une durée de dix ans au profit «de l’élevage et de la recherche», selon Cao Qingyan.

Une espèce qui n’est plus en voie de disparition

En septembre 2016, le panda géant a été déclassé en tant qu’espèce «en danger» pour rejoindre les espèces dîtes «vulnérables» sur la liste mondiale des espèces menacées d’extinction de l’IUCN.

Les Pandas Géants déclassés par l’UICN

De nos jours, il ne reste que 1864 pandas géants subsistant à l’état sauvage. D’après l’ONG, WWF, une hausse de 17% de leur population en 10 ans explique ce reclassement. Cela a été possible par le travail des gouvernements des provinces du Sichuan, du Gansu et du Shaanxi pour garantir la survie du panda géant. L’engagement des chinois fait «naître un espoir, celui de sauver l’espèce de l’extinction et même de permettre un jour au panda de revivre en liberté», a indiqué WWF sur son site internet.

Depuis près d’un demi-siècle, l’ursidé est menacé, à cause de l’exploitation forestière qui fait disparaître sa principale source de nourriture et fragmente son habitat naturel. En effet, beaucoup de forêts de bambous chinoises sont aujourd’hui exploitées par l’homme ou ont été défrichées pour devenir des terres cultivables.

Aux dangers auxquels font face les pandas : le développement des activités humaines détruisant son habitat naturel. La construction de routes et d’agglomérations, le développement d’infrastructures lié au tourisme de masse, l’élevage et la coupe de bois de chauffe réduisent un peu plus les forêts de bambou. Cette situation divise les populations de pandas, les isolant et mettant en péril leur survie.

Le bambou, une plante essentielle dans la vie quotidienne