A l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, le 8 mars, Chine-Magazine a tenu à honorer les femmes qui ont fait l’histoire de la Chine.

Peinture de Hosoda Eishi intitulée « La beauté chinoise Yang Guifei ». Période Edo, vers 1800-1900.

La belle Yang Yuhuan est connue généralement sous le surnom de Yang Guifei (杨贵妃 : Yáng Guìfēi), et est l’une des Quatre beautés de la Chine antique, avec Xi Shi, Diao Chan et Wang Zhaojun.

Yang Yuhuan a vécu durant la dynastie Tang, en pleine ouverture d’esprit et de libéralisme, permettant aux femmes de vivre dans environnement social calme et de jouir d’une certaine indépendance.

En plus de sa beauté, Yang Yuhuan était reconnue pour ses talents de danseuse et de musicienne. Elle a fait l’objet d’innombrables poèmes et pièces de théâtre célèbres, tels que Changhenge (Chant de l’éternel regret), poème narratif composé par Bai Juyi (ou Bo Juyi), Wutongyu (après 1262, Pluie sur le sterculier), zaju de la dynastie Yuan signé Bai Pu, ou encore Changshengdian (1688, Le Palais de la longue vie), pièce rédigée par Hong Shang, l’un des plus grands dramaturges de la dynastie Qing.

Elle devient la concubine du fils de l’empereur Xuanzong des Tang, qui régna de 712 à 756. Mais l’empereur, déjà âgé de 60 ans, trouve la jeune fille si désirable qu’il la force à quitter son fils pour s’abandonner à lui.

Bientôt les deux sœurs de la jeune Guifei sont admises dans le harem impérial, et son frère (ou son cousin, selon d’autres sources) Yang Guozhong devient Premier ministre de l’empire.

Fille d’un haut dignitaire, sa famille profite de la faveur qui lui était accordée. Mais, par l’influence de Yang Guifei, An Lushan, jeune général ambitieux d’origine turque, prend de l’importance à la cour impériale.

Yang Guifei l’adopte comme son fils légal et en aurait fait son amant. Bénéficiant d’une protection assez puissante, An Lushan prend le contrôle d’une armée de 200 000 hommes.

Jaloux du pouvoir qu’exerce Yang Guozhong, frère/cousin de Yang Guifei, il se tourne rapidement contre l’empereur, et lance en 755 une grande révolte, connue comme la rébellion d’An Lushan.

Lorsque le général prit Luoyang et s’empara de la capitale Chang’an, l’actuelle Xi’an en 756, Xuanzong et sa cour sont contraints de fuir vers le sud. Sur la route, les soldats impériaux, furieux, jugent la famille de la concubine responsable de la débâcle et exécutent Yang Guifei et Yang Guozhong, à Mawei, dans le Sichuan.

Il faut dire que les relations entre Yang et Xuanzong suscitaient une grande désapprobation de la part des membres de la cour. Certains écrivent que Yang Guifei est forcée de se pendre sous les yeux de l’empereur. Inconsolable, il abdiqua en 756 en faveur de son fils Suzong qui tenta de reconquérir le trône.