La Corée du nord a accusé la Chine, son principal alliée et protecteur, de « danser sur la petite musique des Etats-Unis« . Une remarque qui a irrité le Global Times, qui a assuré qu’en dépit des critiques, Beijing « n’a pas le moindre intérêt à engager ou à amplifier un conflit verbal avec Pyongyang ».

La relation entre les deux voisins est tendue depuis quelques années, car Beijing s’irrite du comportement du leader nord-coréen Kim Jong-un et notamment du renforcement des programmes nucléaires et balistiques de Pyongyang.

Suite à un nouveau tir de missile, Beijing a décidé la semaine dernière de suspendre ses importations de charbon de Corée du Nord jusqu’à fin 2017. Une sanction privant Pyongyang de plus d’un milliard de dollars par an.  En effet, l’an dernier, la Chine avait importé 22,5 millions de tonnes de charbon nord-coréen (une hausse de 15% sur un an), pour un montant total avoisinant 1,19 milliard de dollars (1 mds €), selon les douanes chinoises.

Dans une tribune, l’agence nord-coréenne KCNA a fustigé, jeudi 23 février, la décision de Beijing, sans toutefois nommer directement la Chine, préférant évoqué « un pays voisin« . Pour le quotidien chinois Global Times, en ne nommant pas la Chine, Pyongyang tient à faire pression sur Beijing pour que le gouvernement revienne sur sa décision.

« Ce pays, qui se veut une grande puissance, danse sur la petite musique des Etats-Unis« , a ainsi écrit KCNA, ajoutant qu’il « a sans hésitation pris la mesure inhumaine de bloquer totalement le commerce extérieur qui permet l’amélioration des conditions de vie de la population ».

De son côté, le Global Times a indiqué que « bien que les médias d’état nord-coréen ont déjà critiqué la Chine dans le passé, sans mentionner le nom de la Chine, la critique aiguë de jeudi,  avec son utilisation d’un langage fort et provocateur, a créé un nouveau précédent« .

Il apparaît évident pour le quotidien proche du pouvoir que la suspension des importations a suscité une vive colère au sein du gouvernement nord-coréen. Pour le Global Times, les choses sont simples : « Beijing devra rester ferme dans le respect strict de la résolution » du Conseil de sécurité des Nations Unies, « quelle que soit la réaction de Pyongyang ».

Mais le quotidien avance surtout qu’il n’est pas dans l’intérêt de la Corée du nord d’entrer en conflit avec la Chine car « la Corée du Nord n’a pas le pouvoir d’affronter la Chine à un niveau global. Pyongyang pourrait faire quelques mouvements idéologiques mineurs, mais il est peu probable qu’ils s’impliquent dans des manœuvres à grande échelle, qui pourraient être considérées comme des actions géopolitiques contre la Chine ».

L’éditorial précise que Beijing maintient son opposition ferme au développement du programme nucléaire nord-coréen, « tout en maintenant les liens bilatéraux normaux déjà en place. Comme toujours, Pékin ne cédera à aucune demande déraisonnable, et n’appliquera pas une pression inutile sur le pays ». Il est certain pour le Global Times qu’à la fin de la journée, « la Chine et la Corée du Nord resteront des voisins amis. Il n’y a vraiment pas d’autre option ».