Pierre Robson, président de l’association Vona Soamahamanina et leader actif au sein du mouvement Dialogue pour le salut de la Nation (Dinika ho an’ny Fanavotam-pirenena – DFP), a annoncé que la société minière Jiuxing Mines avait jusqu’au 22 septembre minuit pour quitter les lieux.

Patience à bout

Ce dernier a tenu un meeting devant près d’un millier de personnes, dans lequel il a assuré que : « nous avons assez fait preuve de tolérance. Maintenant, le gouvernement doit prendre une décision. Les Chinois ne doivent plus se trouver chez nous dans une semaine », cite L’Express de Madagascar.

En effet, la société chinoise a une semaine pour fermer le site et enlever les engins et infrastructures de l’entreprise. Pourtant, l’activité de la société avait été suspendu, ce qui ne satisfait plus aujourd’hui les habitants : « nous ne nous arrêterons qu’une fois que les Chinois auront quitté nos terres », ont expliqué au quotidien malgache des manifestants.

La mobilisation reste intacte, parce que « les opérateurs chinois présents dans mon pays sont perçus comme des délinquants, sans foi ni loi » (…) et cela traduit un « ras-le-bol d’une population frustrée par rapport à des opérateurs étrangers qui se comportent comme des conquistadors », a expliqué Mbolatiana Raveloarimisa.

« Nous ne vendons pas notre patrie, nous ne sommes pas payés pour défendre nos terres », était inscrit sur des banderoles. Aucune décision n’a été prise quant à la suite des événements, après l’ultimatum.

Pour l’instant, les dirigeants du mouvement de contestation de Soamaha­manina restent discrets sur ce qui va se passer si à la fin du délai qu’ils ont posé, aucune décision ferme n’est prise quant à la fermeture définitive de la société Jiuxing Mines.

Cependant, ils ont organisé une marche, qui s’est déroulée dans le calme, le 15 septembre 2016, durant 2 heures. Les manifestants ont sillonné la ville, munis de banderoles portant les noms des fokontany d’où ils venaient.

La peur des chinois 

Madagascar Tribune évoque un « syndrome Soamahamanina », qui se répandrait « presque partout dans les esprits ». Une psychose s’installe, selon ce quotidien, qui évoque le passage de chinois dans les communes de la Région Bongolava, suscitant la peur des habitants.

« Des habitants de la commune de Tsarazaza Fandriana se sont sentis menacés dans leurs moyens de subsistance et leur patrimoine par l’arrivée de chinois dans leur région », note le quotidien.

Des Chinois ont circulé dans les rues de Tsarazaza provoquant « la peur, voire la fuite des paysans, notamment des femmes et enfants ». Face au désarroi de ses concitoyens, le maire de la commune aurait été voir les chinois, venus en visite dans la région. Après quoi, il aurait réunit les habitants afin de leur assurer qu’il n’y avait aucun risque.