Le Dalaï-lama, chef spirituel des Tibétains, a appelé l’Union européenne à avoir une « critique constructive » de la Chine sur le dossier tibétain. Au même moment, une manifestation a eu lieu à Genève contre la politique du gouvernement chinois.

Ce 15 septembre devant le Conseil de l’Europe à Strasbourg, il a souhaité une « critique nécessaire » à un moment où « les dirigeants chinois, mêmes partisans de la ligne dure » sont face à un « dilemme sur la façon de régler les problèmes« .

Le Dalaï-lama veut une pression internationale sur Beijing

Il a rappelé que « nous ne sommes plus dans les années 1960 ou 1970, une époque où la Chine était repliée sur elle-même, où le régime chinois était totalement autocentré et sourd aux appels de l’extérieur« . Une ouverture qui pourrait pousser la communauté internationale à rappeler Beijing à l’ordre, pour le Dalaï-lama.

D’autant plus que « la Chine a fait beaucoup de progrès ces dernières décennies« , bien que la question tibétaine reste en suspend. Toutefois, le gouvernement chinois a lancé ces dernières années de nombreuses mesures visant à développer la région autonome et pousser les Hans (ethnie majoritaire) à se rendre au Tibet pour y prospérer, parfois au détriment de la population locale.

Raison pour laquelle, le chef spirituel tibétain a incité les parlementaires européens à évoquer le sujet aussi souvent que possible, afin de défendre la langue et la culture du peuple tibétain. A se rendre sur place aussi, aux côtés des 6 millions de Tibétains qui « vivent dans une peur constante« , a souligné ce dernier.

Grève à Genève, « la Chine est notre ennemi »

Dans un article la Tribune de Genève a relaté la manifestation en faveur des droits des tibétains et des ouïghours qui s’est déroulée ce vendredi, à Genève. Près d’1 millier de tibétains et ouïghours ont défilé ensemble contre la politique du gouvernement chinois, devant le siège du Haut Commissariat aux droits de l’homme.

Les ouïghours ont souhaité l’arrêt du « massacre » contre leur communauté dans l’Ouest de la Chine. De leurs côtés, les tibétains ont demandé des investigations sur les abus présumés de droits de l’homme, de la part de l’Organisation des Nations Unies, considérée comme complice d’un « Etat meurtrier et terroriste« . « La Chine est notre ennemi« , a déclaré un responsable bouddhiste tibétain, ajoutant que « ce qui se produit au Tibet est illégal« .

Richard Gere, président de la Campagne internationale pour le Tibet, a dénoncé la destruction prévue du monastère de Larung Gar, espérant que « les autorités chinoises puissent comprendre » la signification de ce site. Il a également appelé à protéger les monastères.