La dirigeante de Taïwan, Tsai Ing-wen, a mis en garde dans une tribune contre des « conséquences catastrophiques » si l’île tombait aux mains de la Chine, promettant de « faire tout ce qu’il faut » face aux menaces.

Les propos de Tsai Ing-wen interviennent alors que près de 150 avions chinois ont fait, depuis le 1er octobre, jour de la fête nationale en Chine, des incursions dans la zone d’identification de défense aérienne (ADIZ) de Taïwan, un chiffre record.

Taïwan dit vivre sous la menace constante d’une invasion de la Chine, qui considère l’île comme une province rebelle, qui reviendra dans son giron, par la force si nécessaire.

Les relations entre la Chine et Taiwan se sont détériorées depuis l’arrivée au pouvoir en 2016 de Tsai Ing-wen qui rejette le « principe d’une seule Chine« , et n’a pas souhaité signé le Consensus de 1992.

Selon elle, un échec de la défense de Taïwan serait « catastrophique » à la fois pour l’île elle-même et pour la région, a écrit Tsai Ing-wen dans un article publié sur le site Foreign Affairs.

« Ils devraient se souvenir que si Taïwan venait à tomber, les conséquences seraient catastrophiques pour la paix dans la région et pour le système d’alliance démocratique », a assuré Tsai Ing-wen.

« Cela serait le signal que dans la confrontation mondiale de valeurs aujourd’hui, l’autoritarisme prend le dessus sur la démocratie ». Taïwan souhaite une coexistence pacifique avec la Chine, a souligné la dirigeante, mais « si sa démocratie et son mode de vie sont menacés, Taïwan fera tout ce qu’il faut pour se défendre ».

Le gouvernement de Taipei avait exhorté Pékin à arrêter « les actions provocatrices et irresponsables » après l’incursion record de 56 avions de chasse chinois, dont des bombardiers H-6 ayant une capacité nucléaire dans la zone de défense de l’île.

Lire aussi : Nouvelle incursion d’avions chinois dans la zone aérienne de Taïwan

Pour tout savoir de Taïwan, cliquez sur l’image!

« Au milieu des intrusions quasi-quotidiennes de l’Armée populaire de libération, notre position sur les relations entre les deux rives du détroit reste constante: Taïwan ne cédera pas aux pressions », a insisté Tsai Ing-wen.

Une zone d’identification de défense aérienne est un espace aérien dans lequel un État souhaite identifier et localiser les aéronefs pour des raisons de sécurité nationale. De telles incursions de l’aviation chinoise dans cette zone se sont multipliées depuis deux ans.

L’an dernier, 380 avions militaires chinois ont été détectés dans la zone d’identification de défense aérienne de l’île et depuis le début de l’année, ils sont plus de 600.

Intitulé « Taiwan et la lutte pour la démocratie : une force du bien au sein d’un ordre international changeant », l’article atteste que Pékin adopte une posture de plus en plus agressive et que l’armée populaire de libération accroît depuis 2020 son activité dans le détroit de Taiwan, avec des incursions désormais quasi quotidiennes dans la zone d’identification de la défense aérienne (ADIZ) taïwanaise.

« Malgré ces développements inquiétants, le peuple de Taiwan a clairement indiqué au monde entier que la démocratie n’est pas négociable« , a écrit la dirigeante de Taiwan en rappelant que son gouvernement investit depuis 2016 dans les capacités d’auto-défense du pays et s’emploie à réformer ses forces armées.

« Taiwan ne recherche par la confrontation militaire. Il espère une coexistence pacifique, stable, prévisible et mutuellement bénéfique avec ses voisins. Mais si sa démocratie et son mode de vie sont menacés, Taiwan fera tout ce qu’il faut pour se défendre », a indiqué cette dernière.

La capacité de Taiwan à survivre et même à prospérer en temps que démocratie libérale malgré les défis extraordinaires pesant sur son existence, a d’importantes implications pour les règles des relations internationales en vigueur, insiste-t-elle.