Les Etats-Unis ont autorisé des équipementiers à vendre au groupe chinois Huawei HWT.UL des composants automobiles d’une valeur de plusieurs centaines de millions de dollars ces derniers mois, ont déclaré deux sources proches du dossier à l’agence de presse, Reuters.

Cette décision contrastes avec la politique menée par Donald Trump. L’administration américaine a imposé à Huawei, premier fabricant mondial d’équipements télécoms, des restrictions sur l’achat et l’exportation de certains composants, notamment sur la téléphonie de cinquième génération (5G).

Ces restrictions ont été renforcées sous l’administration de Joe Biden, Washington estimant que les réseaux 5G du groupe constituent une menace pour sa sécurité nationale.

Mais selon des sources proches du dossier, les Etats-Unis ont accordé ces derniers mois des licences autorisant des fournisseurs de composants travaillant dans les écrans vidéos et les capteurs pour véhicules à proposer leurs services à Huawei dans le cadre de son activité automobile en pleine expansion.

Les puces automobiles sont généralement considérées comme moins complexes que celles des télécoms, ce qui rend le dossier moins sensible politiquement et stratégiquement. Les Etats-Unis mènent une lutte sans relâche contre la Chine et ses géants des télécommunications.

Washington craint la montée en puissance technologique de la Chine et tente de contrer – à travers un lobbying anti-Chine auprès de ses alliés et des restrictions – d’éviter à la Chine de rattraper son retard technologique, et ainsi prendre la première place des Etats-Unis.

Une source proche des services accordant des autorisations de licences a indiqué à l’agence de presse Reuters que l’administration américaine avait autorisé des licences pour des puces automobiles pouvant disposer de composants compatibles avec la 5G.

Sollicité sur les licences automobiles, un porte-parole du département américain du Commerce a déclaré que Washington continuait d’appliquer de manière systématique les politiques de licence «visant à restreindre l’accès de Huawei aux produits de base, aux logiciels ou à la technologie pour des activités qui pourraient nuire à la sécurité nationale et aux intérêts de la politique étrangère des Etats-Unis».

Cette source a ajouté que le département du Commerce n’était pas autorisé à communiquer sur les approbations ou les refus de licence. De son côté, une porte-parole de Huawei a déclaré que «nous nous positionnons comme un nouveau fournisseur de composants pour véhicules connectés intelligents, et notre objectif est d’aider les constructeurs automobiles à produire de meilleurs véhicules».

Cet allègement des restrictions contre Huawei devrait permettre à la société de faire face au léger recul de ses bénéfices, notamment dans le secteur des Smartphone. En effet, suite aux sanctions américaines, Huawei a décidé de développer d’autres secteurs, tels que le cloud, l’automobile, l’intelligence artificielle, marché optimisée, technologie verte, …

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«Notre objectif est de survivre», a indiqué le président tournant Eric Xu, qui déclare que les objectifs stratégiques de Huawei ont déjà été établis pour les cinq prochaines années.

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«Malgré une baisse du chiffre d’affaires de notre activité grand public due à des facteurs externes, nous sommes convaincus que nos activités télécoms et celles dédiées aux entreprises continueront à croître de manière régulière», a souligné Eric Xu.