Le président Xi Jinping a vanté le partenariat « sans aucun conflit » de son pays avec l’Italie, où il a débuté une mini-tournée européenne destinée à promouvoir son projet de « nouvelles routes de la soie ».

L’initiative La Ceinture et la Route suscite des inquiétudes à Bruxelles et à Washington. « Entre nous, il n’y aucun conflit d’intérêt fondamental », s’est félicité Xi Jinping, après un entretien avec son homologue italien Sergio Mattarella.

Rome a déroulé le tapis rouge pour cette visite dont les autorités italiennes attendent une relance des échanges économiques entre les deux pays. « La contribution italienne à la nouvelle route de la soie est cruciale », a indiqué de son côté le président Sergio Mattarella.

Ce dernier a souligné la nécessité que les échanges se fassent « dans les deux sens » et dans un esprit de « compétition loyale, dans le respect de la propriété intellectuelle et dans la lutte commune contre la contrefaçon ».

De son côté, Xi Jinping a rassuré son hôte : « la partie chinoise souhaite des échanges commerciaux dans les deux sens et un flux d’investissements dans les deux sens ».

Le chef du gouvernement italien, Giuseppe Conte, doit signer le 23 mars un protocole d’accord avec Xi Jinping, pour sceller la participation de l’Italie au projet « La Ceinture et la Route » terrestre et maritime.

Un protocole d’accord « non contraignant », s’est empressé d’indiquer Giuseppe Conte à plusieurs reprises face aux inquiétudes de Washington et Bruxelles. Le partenariat avec la Chine divise aussi la coalition populiste au pouvoir en Italie depuis le 1er juin.

Le vice-Premier ministre italien Matteo Salvini, également patron de la Ligue (extrême droite), a averti que son pays ne serait « la colonie de personne ».

Son homologue au gouvernement, Luigi Di Maio, chef de file du Mouvement Cinq Etoiles (M5S, antisystème), favorable à l’accord sino-italien, a tenté d’apaiser ses craintes en assurant notamment qu’une autorité de contrôle serait créée pour prévenir tout espionnage de la part des Chinois.

« Aujourd’hui nous disons +Italia first+ dans les relations commerciales étant entendu que nous restons des alliés des Etats-Unis et que nous restons dans l’Otan et dans l’UE », a déclaré Luigi Di Maio, avant de participer à un forum économique italo-chinois à Rome.

Rome risque de devenir une « sorte de cheval de Troie chinois en Europe », a déploré pour sa part Mariastella Gelmini, une des responsables de Forza Italia, le parti de l’ancien Premier ministre Silvio Berlusconi, aujourd’hui dans l’opposition.